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Un « PROFIL »
AU CCU :
François
Paré, écrivain franco-ontarien
Dernièrement,
Le Centre Culturel Universitaire a reçu Izabel Barsive, qui a conçu et réalisé pour
les productions « Médiatiques » de Toronto,
« Profil » un documentaire de 27 minutes
consacré à François PARE. Ce film, projeté
en avant-première à Corte, présente le
portrait d’un écrivain et critique dont les
études et commentaires font autorité dans le
domaine des littératures minoritaires. Le
film, intelligent et fin, rompt avec
l’exotisme habituel et confronte deux
réalités intellectuelles et littéraires très
éloignées l’une de l’autre, et pourtant
rendues si proches par le propos du
personnage principal et le regard pertinent
et original de la réalisatrice.
François Paré est Directeur du Département
d’études françaises de l’Université de
Guelph, dans l’Ontario. Né en 1949, F.Paré a
fait ses études à Montréal, puis à New York.
Il enseigne à l’université de Guelph depuis
1977 et a effectué plusieurs séjours à
l’étranger, notamment aux USA, en France et
en Hollande. Il est venu en Corse en 1995, à
l’invitation de J.Thiers et du CCU et a
rencontré les principales institutions
littéraires de l’île. Huit ans après le
premier séjour en Corse, c’est l’heure du
bilan pour la théorie dans « littératures de
l’exiguïté ». François Paré a voulu qu’une
partie de son « Portrait » soit tourné en
Corse étant donné les enseignements tirés de
son expérience de 1995. Il y est revenu en
août 2002 pour dialoguer avec les
personnalités et institutions littéraires de
notre île.
Spécialiste de Montaigne, de Du Bellay et de
l’institution littéraire de la Renaissance,
il s’intéresse aussi de très près à la
francophonie des marges et à la
problématique des littératures minoritaires.
Il est l’auteur d’un essai qui a fait date
et a assuré une large diffusion
internationale de ses analyses de
l’institution littéraire : Les
littératures de l’exiguïté (1992). Il y
décrit les principaux caractères des
expressions minoritaires sous une forme
critique et poétique, avec la lucidité et
l’optimisme construit par le spectacle des
diverses cultures qui, dans le monde entier,
s’organisent pour vivre. Il a aussi publié
Théories de la fragilité (1994) et
Traversées (2000) aux Éditions du
Nordir. Ce dernier essai, de forme
épistolaire, porte sur les grandes questions
des rapports entre littérature et identité à
travers une vingtaine de lettres échangées
entre F.Paré et François Ouellet, professeur
de français à l’université de Chicoutimi.
Son expérience et sa réflexion s’appuient
ainsi sur un terroir très typé, l’Ontario
français, une situation identitaire
problématique eu égard à un environnement
majoritairement anglophone, mais aussi à
l’éloignement du foyer que représentent
Montréal et le Québec pour les francophones
nord-américains. La vie de F.Paré, son
activité littéraire et universitaire,
l’audience internationale que ses écrits et
une théorie littéraire « l’exiguïté » qui
revalorise les productions minoritaires, ont
attiré sur cet auteur l’intérêt de tous les
analystes des littératures émergentes. Or
cet écrivain a voulu qu’une partie de ce
film soit tourné en Corse car il juge que la
découverte de notre situation culturelle a
beaucoup apporté à sa connaissance du
mouvement qui, à travers le monde, s’efforce
de définir l’espace que revendiquent et
construisent les petites expressions.
La
place qu’occupent ainsi notre île et son
identité littéraire dans un film promis à
une très large diffusion sur le continent
nord-américain réjouira sans aucun doute
tous ceux qui connaissent et apprécient les
valeurs positives de notre île. François
Paré et Izabel Barsive font par là la
démonstration de ce que représente un
partenariat culturel attentif aux intérêts
des cultures qui se rencontrent et
s’apprécient.
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