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Casimiro de Brito |
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Compte rendu de sa visite en Corse |
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CCU RENCONTRE AVEC LA LITTERATURE PORTUGAISE.
Le soir, Casimiro de Brito était reçu par le Centre Culturel Una Volta, à Bastia. Selon un protocole désormais rôdé et qui s’institue en aimable rite, il revenait aux acteurs de l’atelier Théâtral de Bastia de Jean-Pierre Lanfranchi de lire, en alternance avec l’auteur, en portugais, français et corse, quelques textes empruntés à l’œuvre (plus de trente recueils ont été publiés) de Casimiro de Brito. La vérité oblige à dire que l’agencement prévu de cette rencontre fut assez vite bousculé, pour laisser place à des échanges sur la traduction, le rôle et l’importance du lecteur, de Brito (grand admirateur de René Char) livrant au passage quelques iconoclastes jugements sur des gloires de la poésie contemporaine dans lesquels il ne voit que de « professionnels faiseurs de vers ». Casimiro de Brito a le don d’éveiller à la curiosité, à la réflexion ceux auxquels il s’adresse, sans doute d’abord parce que l’on devine que ses propos, reposent sur un soubassement patiemment constitué d’analyses, d’investigations, et sur une culture d’une exceptionnelle variété. Passant de l’intime à l’universel, de l’évocation d’une mère, d’un père à celle des penseurs grecs ou contemporains, Casimiro de Brito nous laisse à deviner que ses poèmes, souvent d’une brièveté extrême à l’image des Hai-Ku japonais qu’il a traduits, ramassent, dans les scintillations tout à la fois mystérieuses et précises qu’ils contractent et révèlent, la matière foisonnante d’une expérience et d’un vécu que l’écriture modèle, fragmente, pour tout à la fois faire découvrir et préserver une émotion que le lecteur, ou l’auditeur, quand la grâce du texte agit, reçoit et partage. Pour finir un dialogue où cette émotion eut sa place, Casimiro de Brito donna à ceux qui l’avaient interrogé et écouté cette définition donnée par Novalis du génie : « C’est l’âme de l’âme. » exemple d’une formulation où les mots ouvrent à l’intelligence une infinité de « trappes intérieures », selon l’expression de Francis Ponge, où leur sens n’en finit pas d’irradier en échos multiples et complexes. On remerciera une nouvelle fois le CCU et Jacques Thiers d’avoir permis cette rencontre, en rappelant le partenariat de la CTC, la DRAC, du Rectorat de la Corse, « La Maison des Ecrivains », le Prix du Livre Corse, le Lycée Pasquale Paoli et le Centre Culturel « Una Volta ». Le prochain, et dernier invité de Jacques Thiers sera, le mardi 12 juin, l’écrivain espagnol, José Maria Alvarez. Bienvenue à lui, et merci encore à Casimiro de Brito pour tout ce qu’il a pu nous apporter durant son séjour parmi nous. PM F
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