O SEGREDO DA MATÉRIA

 

Subo ao sótão e tenho seis anos

pelas escadas que rangem

sob os pés que voam em segredo/

rangem como a porta a abrir

para a luz filtrada dos pavores da infância

onde espero um pouco

por tudo o que me espera desde a eternidade.

Tenho sete anos e a cinza confunde-se com a luz

depositada no tempo. As arcas dão a ver o outro lado

do mundo espalhado pelo chão à minha volta.

Não são objectos mas o próprio mistério da existência

que vai passando pelas minhas mãos

quando tenho oito anos quando tenho agora

o segredo de uma porta que abre para a casa.

Percorro os caminhos da mesa da cama da lareira,

as raízes da casa são o sótão

onde a luz toca nas mãos o infinito.

Subo pelos olhos espantados

e espero ainda a aurora que me aguarda

aproximando-se lentamente do seu pó.

 

(inédito)

 

 

LE SECRET DE LA MATIÈRE

Je monte au grenier et j'ai six ans
par les escaliers qui grincent
sous mes pieds qui volent en secret
qui grincent comme la porte qui s'ouvre
sur la lumière filtrée des frayeurs d'enfance
où j'attends un peu
tout ce qui m'attend depuis l'éternité.
J'ai sept ans et la cendre se confond avec la lumière
déposée sur le temps. Les coffres donnent à voir l'autre côté
du monde épars sur le sol autour de moi.
Ce ne sont pas des objets mais le mystère même de l'existence
qui défile dans mes mains
quand j'ai huit ans quand j'ai maintenant
le secret d'une porte qui s'ouvre sur la maison.
Je parcours les chemins de la table du lit de l'être,
les racines de la maison sont le grenier
où la lumière touche sur mes mains l'infini.
Je monte par mes yeux effarés
et j'espère encore l'aurore qui m'attend
se rapprochant lentement de sa poussière.

 

Trad. Catherine Dumas