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Chjarasgia rossa
è
pavimentu biancu
Le Centre
Culturel Universitaire a le plaisir
d’informer les lecteurs de la parution du
recueil poétique Chjarasgia rossa è
pavimentu biancu. Par cette réalisation, la
littérature en langue corse dialogue avec
l’une des personnalités du monde littéraire
méditerranéen invitée dans le cadre des
« Rencontres littéraires 2002 du CCU » et,
en novembre dernier, par les Jeunesses
Musicales de Méditerrnée pour une table
ronde poétique avec P.Gattaceca, G.Fusina,
R.A.Branco (Portugal) et M.Louhaibi
(Tunisie).
Née
à Lattaquié (Syrie),
Maram
al MASRI
est une figure de proue de l’expression
littéraire du monde méditerranéen. Après
l’étude de la littérature anglaise à
l’université de Damas ,
elle se consacre à l’écriture poétique
depuis la fin des années 70. Elle publie
désormais dans divers journaux et revues
arabes et son œuvre reçoit aujourd’hui un
accueil international, en particulier à
travers de grands festivals et rencontres de
poètes.
Son premier
livre a été publié en 1984 à Damas sous le
titre : Je te menace d'une colombe
blanche. Après diverses expressions,
elle est revenue à la poésie en 1997 avec
Cerise rouge sur un carrelage blanc,
édité à Tunis par les éditions L’Or
du Temps, un livre salué par la critique des
pays arabes et qui a reçu en 1998 le prix du
Forum culturel libanais en France, jury
auquel participe le poète Adonis.
C’est ce
recueil qui est donné aujourd’hui en langue
corse (traduction
G.Thiers) par les éditions ALBIANA
dans la collection « Cunchiglie »
qui a publié par ailleurs
G.Fusina,
P.Gattaceca,
M.J.Vinciguerra,
F.Giustiniani,
Casimiro de
Brito,
F.M.Durazzo è
M.Biancarelli.
Le hasard
faisant souvent bien les choses, il se
trouve que
Chjarasgia
rossa è pavimentu
biancu
paraît en même temps que la version
française
Cerise rouge
sur un carrelage blanc au Québec
(Editions PHI et Ecrits des Forges, mas
2003). Le livre est distribué en France par
« Alterdis », 5
rue Maréchal Leclerc.28600.Luisant).
Il suffit à
Maram
al Masri de
quelques mots justes, pour évoquer les
gestes de l'amour à la fois les plus simples
et les plus chargés de secret et de sens.
Précise et rêveuse, la poésie intimiste de
Maram
al Masri dit la
lumière sourde qui illumine le charme
amoureux et donne des ailes inaltérables au
désir et à l'inquiétude. Un art très pur et
très sûr, économe de ses moyens, plein de
fraîcheur et de séduction, d'une savante
ingénuité.
Mi
tene
spalancate
e so
porte.
Mi
chjama
è
mi
impunta
à
fà
mi
libera
in u
so spaziu,
è
cum’è l’acellu
davanti
à a porta aperta
di a cabbia
ùn
a ci facciu.
Elle m'ouvre
ses
vastes portes.
Elle m'appelle
et
me pousse
à
m’affranchir
en
son espace,
et
comme un oiseau
devant
la porte ouverte de sa cage
je
n'ose pas.
Di fronte ad
ella
ùn si
vergogna
di
i so
vechji
calzunetti in
cutone
nè
di i pomi à e
so
calzette.
Di fronte à
ella
si
mette nudu
cum'ellu
ci tocca
pè l'amore,
da
calà si
cum'è
un rè
nantu
à
a so persona.
Devant elle il
ne rougit pas
de ses vieux
sous-vêtements en coton
ni de ses
chaussettes trouées.
Devant elle,
il se met nu
comme ce
qu'exige l'amour,
pour descendre
comme un roi
sur son corps.
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