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Associu
di Sustegnu
di u
Centru Culturale Universitariu
CORTI
1999
Présentation
La
construction de la pièce repose sur l’épisode de la
rencontre d’Ulysse et des Sirènes. Les mésaventures du
voyageur sont significatives des représentations du naturel
féminin, fascinant et inquiétant à la fois. On sait qu’Ulysse
a besoin d’en faire l’expérience pour pouvoir retourner à
l’amour d’une femme et de sa maison (Pénélope/Ithaque). Le
retour à soi, la mémoire retrouvée, l’amour heureux ne sont
possibles que si l’on a pu auparavant traverser cette
tentation. Les obstacles et les périls rencontrés ont le
visage de la Femme. Est femme celle qui l’attend au foyer,
mais femme aussi le mouvement qui le pousse toujours à
différer le retour. Sans doute est-ce la fonction du féminin
dans l’Odyssée : Calypso, Nausicaa, Circé et le chant
envoûtant des Sirènes.
Qui
sont-elles ? Des monstres, qui participent de deux mondes
(règne humain/règne animal), des femmes/oiseaux. Leur père
est Achiloos, le fleuve le plus long de Grèce, fils de l’Océan
et de Thétis, leur mère Melpomène, muse de la tragédie «
celle qui porte le chant ». Elles sont liées à l’animalité
archaïque de l’océan. Océan, le plus grand des Titans est
une personnification de l’Eau. En elles vibre également l’énergie
apollinienne que dénote la beauté de leur chant. C’est
précisément là que réside le péril de leur nature double et
hybride : leur chant charme et tue.
Leur
force de séduction tient d’abord au fait qu’en ces vierges
prend corps la figure antique de l’être féminin affranchi du
rapport sexuel. La voix est d’autant plus envoûtante qu’elle
met celui qui l’entend en relation avec une sensualité hors
du sexe, à l’origine d’un plaisir coimplexe et mystérieux.
Les
Métamorphoses d’Ovide nous fournissent une explication : les
Sirènes étaient les compagnes de Proserpine la vierge
enelevée par Pluton. Elles ont reçu des ailes pour pouvoir
voler au-dessus des eaux, lorsqu’elles recherchaient leur
compagne. Les dieux ont voulu leur conserver une apparence et
une voix humaines pour pouvoir garder les chants mélodieux dans
leur langue d’autrefois. Ainsi le mythe souligne la nature
ambiguë et synthétique de ces figures. Elles rassemblent en
effet en elles la Virginité et la Mort, elles, les compagnes de
Proserpine la Vierge aux Fleurs (symbole de la virginité),
devenue par la suite reine des Enfers.
Il
ne fait aucun doute que les Sirènes représentent le souvenir
de Proserpine séduite en même temps que sa revanche. Une
vengeance qui utilise les seul traits humains qui lui restent :
le visage, la langue, la voix.
Les
Sirènes sont donc la vengeance du féminin tourné contre les
hommes : elles s’adressent à leur sensualité, mais pour les
séduire et les tuer.
Le
chant et sa signification
Séduction
et mystère sont donc au centre même du chant. C’est un
événement à part entière : dès qu’il s’est accompli, on
ne peut ni l’évoquer ni le raconter. Il est voué à demeurer
dans l’indicible, loin du langage de la raison. On peut
percevoir son action si l’on engage l’interprétation par la
dialectique de la séduction, avec la part qui appartient en
propre au féminin.
Le
texte de l’Odyssée mentionne une série d’opérations
sensorielles affectives et cognitives.
Ces
voix sont fraîches et pures, elles apparaissent soudainement,
elles rompent le silence, elles rattrapent le navire
(femmes/voix/oiseaux). Elles tentent et arrêtent celui qui
passe, habité par le désir de la fin du voyage.
L’appel
est simple, mélodieux, envoûtant : « arrête-toi ici, écoute
notre voix, écoute notre chant ! ». Elles séduisent par la
voix plus que par la parole, par l’harmonie plus que par le
sens. Celui qui écoute etombe amoureux d’une voix.
Ces
voix savent tout : elles promettent de tout révéler, de Troie
jusqu’aux secrets de la condition humaine.
L’effet
qu’elles produisent est l’envoûtement, par la répétition
du récit et du chant.
Il
est dès lors aisé d’imaginer qu’au-delà de l’enchantement
s’étend la Mort, figurée dans l’Odyssée par une large
plaine jonchée d’ossements et de cadavres en décomposition.
C’est là que bute et finit le voyage qui devait conduire à
la terre natale. C’est ainsi que le texte lie l’idée de la
mort avec celle du récit sans cesse repris et répété sans
fin. Les voix virginales des Sirènes deviennent la Connaissance
totale, le Savoir de la Terre maternelle, le récit des Origines
qui envoûte et qui trompe, parce que le savoir qu’il promet
se confond avec l’événement de la mort.
Construction
dramatique
Le
spectacle s’établit sur trois niveaux de sens et d’évocation,
qui induisent aussi une écriture différenciée :
Le
réel: vie quotidienne, actualité, référents locaux concrets
et vérifiables par l’expérience quotidienne. Il est
représenté par le port, le site marin, les installations, la
mer et les îles d’en face, elles aussi référent
géographique.
Les
personnages en présence font partie de cette dimension
réaliste. Avant de nous rappeler progressivement quelques
traits de l’Ulysse antique, le vieux ressemble à tous les
vieux marins que l’on peut rencontrer dans tous les ports. Son
interlocuteur est lui aussi tout à fait commun : un quidam,
voyageur ou touriste... Il n’ont rien voir l’un avec l’autre.
Sans la grève qui immobilise les bateaux, ils ne se
rencontreraient même pas. On peut s’attendre à ce qu’ils
bavardent, mais sans communiquer vraiment !
Le
traitement de leur rencontre est empreint d’une ironie et d’une
dérision qui mettent en cause les valeurs, données comme
évidences, de notre vie quotidienne.
Le
discours dramatique : il puise dans le légendaire codifié et
normalisé dans le traitement que reçoivent les mythes dans les
littératures dramatiques instituées. Nous le représentons ici
par la sollicitation des grands textes du théâtre antique, par
les figures, références et traditions des conventions
littéraires. L’archétype le plus significatif de cette
simplification sémantique est la sirène réduite à un monstre
mi-femme mi-serpent (et à l’époque postclassique à un être
mi-femme mi-poisson).
Notre
texte s’efforce de rendre au moins partiellement la
complexité la plus archaïque de ces figures mythiques que leur
célébrité a stéréotypées.
Le
chant: nous avons voulu que le chant ne fût ni illustration ni
ornementation du texte dramatique, mais qu’il soit l’élément
dramatique premier et qu’à ce titre il entraîne avec lui la
mémoire et reconstruise un récit mythique donné comme
substitution de la tradition. Dans notre perspective sa force de
persuasion (esthétique et lyrique plus que rationnelle et
logique) met en cause l’idée conventionnelle de la séduction
périlleuse des Sirènes. Nous croyons que les sensations
auditives et l’émotion artistique rendent possible et
vraisemblable l’instauration d’une version nouvelle (non
conventionnelle) du mythe. Ce que suggère, dessine ou symbolise
le chant n’abolit pas la convention du discours dramatique
(cf.supra) mais met en cause la tradition légendaire et luyi
oppose une autre version au moins aussi plausible : c’est
alors que naît l’histoire de Lisula, victime de la fourberie
d’Ulysse.
L’ambiguïté
des représentations modernes de l’île (attraits et dangers)
est traduite par l’intermédiaire de la figure des sirènes en
séquences chronologiques (version homérique de la rencontre d’Ulysse
et des Sirènes, ensuite contestée par la version que nous
inventons).
Argument
Une
circonstance imprévue (grève des bateaux) rompt les habitudes
quotidiennes et fait apparaître de mystérieuses réminiscences
qui concernent les choses et les gens. Au commencement de toute
chose, il y avait l’île...
C’est
l’histoire que raconte un vieux marin qui prétend avoir perdu
la mémoire. Dans un récit sans cesse entrecoupé de lacunes et
d’angoisses, il rappelle l’entrelacs de toutes les légendes
anciennes qu’a engendrées la navigation.
C’est
ainsi que se tisse le mythe né à propos du chant des Sirènes.
Des
voix enchanteresses, et périlleuses à en croire la tradition
qui rappelle les malheurs qui attendent les imprudents qui se
laissent séduire. Charybde, Scylla, les Monstres, les Erynnies
et toutes les angoissses humaines devant le Voyage sur la Mer :
voilà tout ce que révèle la Mémoire Marine.
Ulysse
a accompli tous les voyages. Il est celui qui sait. Mais entre
ce qu’il a laissé dans la tradition et ce qu’apprend à
notre sensibilité le chant des Sirènes, le doute s’installe
et s’agrandit... Il suffirait d’un mythe nouveau. Celui d’une
jeune fille appellée Lisula, et qui chantait si bien...
Quelle
valeur peut donc avoir la parole d’Ulysse ?
1.
Premier tableau
Un
quai le long de la mer. En face, au loin, des îles. Au premier
plan, un banc où est assis un vieillard qui porte des habits de
marin. On apprendra incidemment qu’il s’appelle Ulysse.
Son
interlocuteur, L’Altru (« l"autre »), va rester
extérieur au drame. Il n’aura qu’un souci : quand prendra
fin la grève des bateaux ?
Il
n’y a pas de communication entre eux. Sauf précisément à
propos de la grève. L’arrêt des rotations maritimes crée
une situation nouvelle qui fait de l’île une prison.
Cette
situation insolite où la vie va au ralenti révèle l’incertitude
de toutes nos préoccupations et l’inanité des règles
comportementales habituelles. Le voyageur ressent l’insularité
comme une agression et l’habitant de l’île comme une
fatalité ancienne et mystérieuse...
2.
Deuxième tableau
Il
est bâti sur deux niveaux:
-
la vision de l’homme pourchassé par les Erynnies (que
provoque le sentiment confus d’une culpabilité ancienne et
mystérieuse);
-
le réel (le dialogue entre les deux hommes): on y revient sans
transition.
3.
Troisième tableau
Il
accentue le retour au présent, prosaïque et réel, mais de
loin en loin le réel s’efface... A chaque instant la
polysémie des paroles échangées provoque l’irruption de
réminiscences fulgurantes qui attirent vers l’autre niveau
où règne le mythe : il nous conduit au contexte de l’Odyssée...
4.
Quatrième tableau
La
scène se déroule au niveau de la mémoire homérique. Le
dialogue s’établit entre les paroles du Choryphée, un
compagnon de l’Ulysse antique, les chants du Chœur des Marins
et du Chœur des Sirènes.
5.Cinquième
tableau
Retour
en arrière, mais le réel est sans cesse compromis par l’envahissement
répété du mythe. Les îles elles-mêmes sous nos yeux
prennent l’aspect de visions qui apparaissent et disparaissent
sous nos yeux. Sont-elles mirages ou réalités ? Le vieux marin
s’efforce de retrouver une mémoire qui s’obscurcit de plus
en plus...
6.
Sixième tableau
Entrent
plusieurs marins... L’un d’eux parle avec une grande
naïveté et déclenche les railleries des autres... Ulysse et l’Autre
se tiennent dans un coin... Le naïf se met à raconter une
histoire qui dit qu’Ulysse est l’imposteur, le falsificateur
de la vérité. Le naïf raconte l’histoire vraie de
Lisula/Leucosia, mais qui va le croire ?
7.
Septième tableau
C’est
le moment du dénouement. La crise est finie, la grève aussi.
Tout redevient « normal »... Ulysse, ranimé par les mots à
double sens qu’il prononçait durant le temps insolite de la
grève, Ulysse a maintenant disparu. Il n’est plus qu’un
vieux marin désoeuvré qui s’évertue à raconter des choses
qui n’arrêtent personne...
Quant
à l’Autre, il s’aperçoit tout d’un coup que les bureaux
de la compagnie maritime ont rouvert. Il ramasse ses paquets et
ses valises et s’en va en courant vers les bateaux...
I
VIAGHJI DI MIMORIA
1.
E SIRENE
E
vicende di Ulisse in a passata di e Sirene sò significative di
l’attitudine di una natura feminile chì à tempu affascina è
à tempu intimurisce. Issu esse feminile custì, Ulisse hà
bisognu di fà ne u pruvatoghju da pudè vultà à l’amore di
una donna in particulare (Penelope/Itaca). Forse hè quessu u
significatu maiò di l’Ulisse chì cerca à vultà in casa
soia, in u locu di l’identità piena è sana è chì si spicca
da l’Altrò (chjama/allusingu/cunniscenza/gudimentu).
Hè
capita chì à l’origine di u testu di l’Odissea ci
hè u fattu chì in issu viaghju di u vultà ci anu da esse l’intoppi,
i strazii, a minaccia sempre ripetuta di strughje u stessu in u
scontru impruvisu di l’Altru. L’Altrò, a tentazione di
stabilì si in altrò per sempre o puru per pocu affacca cum’è
un tradimentu di u locu nativu è di quelli chì u curanu è ci
fermanu.
Ind’è
l’Odissea, Ulisse hè impastatu da issa cuntradizzione
: cumbatte a tentazione di l’Altrò ma fà ne u pruvatoghju
cù cuscenza, lucidità, è cù piacè dinò! Hè u
cunflittu trà u fine è l’andatura chì crea u testu di l’Odissea.
U
pruvatoghju
Di
pettu à u coru di e sirene Ulisse ùn hà listessa sorte chè i
cumpagni ; à quessi l’arechje tappate, à ellu u gudimentu è
u piacè eroticu. Hè capu è patrone à sin’à custì, sin’à
spone si à issu statu mischjatu di pena è di piacè : u cantu
di e sirene.
Dunque
a pussibilità di assaghjà u cantu di e sirene hè marcu
distintivu di a nubiltà di u capitanu è sfida chì li cunferma
u so statutu di cumandu.
U
feminile è e Sirene
L’intoppi
è l’ostaculi sò vestuti tutti da Femina. Hè femina quella
chì l’aspetta in casa, ma femina dinò, cù tante variazione
è visi parechji, u muvimentu chì li face attempà sempre u
ritornu. Pare quessa a funzione permanente di u Feminile ind’è
l’Odissea è micca a cusidetta misuginia di Omeru.
Cusì piglianu sensu Calipso, Nausicaa, Circe ma sopra à tuttu
e Sirene è u so cantu squisitu.
Hè
stata Circe, a dea persa d’amore per l’omu murtale, à
parlà li pè a prima volta d’isse sirene misteriose di
nascita, ma chì portanu l’incantesimu maleficu di u so cantu
chì tomba.
Ùn
vale a pena à rammintà i particulari : basta à sottulineà
chì à l’arechjitappati ùn li tocca nè periculu nè nunda
invece chì à Ulisse, ligatu à u maghju, li si hè cuncessu di
sente u cantu è di gode si lu. E sirene sò incarnazione di
voce in donne. In somma sò voce è basta. S’omu feghja da
vicinu e cundizione di u so spuntà, ùn ci hè nunda altru chè
isse voce. Si pò guasi pensà à fantasime auditive. Ulisse e
sente ma ùn si vedenu è à chì hè custì pò pensà chì
Ulisse traparla.
E
Sirene : genealugia
Qale
sò isse sirene ? Mostri, trà mezu à dui mondi
(Umanu/Animale), donne è acelli. S’elle fiascanu contru à
Ulisse anu da esse annigate in fondu à u mare. U bapu saria
Achiloos -u fiume più longu di a Grecia, figliolu di Oceanu è
di Tetis. A mamma ne saria Melpumene, a Musa di a tragedia (vole
dì « quella chì porta u cantu »). Sò ligate e sirene à l’animalità
arcaica oceanica (Oceanu, u maiò di i Titani hè l’Acqua
persunificata) ma dinò à l’energia apulliniana ch’ella ti
hà a forma bella di u cantu. U periculu stà à puntu in issa
natura doppia è mischjata : u cantu allusinga è tomba.
Una
parte maiò di a so putenza di seduzzione li vene da u fattu
chì in elle, vergine, piglia corpu quella figura antica di l’esse
feminile francu da u raportu sessuale. A voce hè tantu più
incantevule ch’ella mette à chì sente in raportu cù una
sensualità fora di u sessu chì inghjenna un gudimentu
cumplessu. A natura doppia acelli/femine piglia spiicazione in e
Metamorfose d’Ovidiu : e Sirene eranu cumpagne di
Pruserpina, a vergine rapita da Pilutone. Li sò state date l’ale
da pudè vulà sopra u mare , quand’elle circavanu a cumpagna.
I dii li anu vulsutu cunservà visu è voce umane da ch’elle
tenissinu i so canti meludiosi in a stessa lingua ch’elle
avianu capunanzu... Issu mitu dice bè quant’elle sò ambigue
è sintetiche isse figure postu ch’elle sò sintesi di a
virginità è di a morte, chì sò cumpagne di Pruserpina, a
vergine cù i Fiori (simbulu di a virginità) fatta dopu regina
di l’Inferni.
Ùn
ci hè dubitu alcunu : e Sirene rapresentanu a memoria di
Pruserpina ingannata è a vindetta chì si ghjova di u
solu trattu umanu chì li ferma, vene à dì un visu cù lingua
è voce umana. Sò vindetta di pettu à i maschji è chjamanu a
sensualità di l’omi, ma da ingannà li è tumbà li.
U
cantu è u so significatu.
A
seduzzione è u misteru sò propiu in u cantu. Significativu
chì subitu intesu issu cantu, l’omu si vole fà liberà è
cede à l’allusingu. Issu cantu hè avvenimentu pienu è sanu
: subitu compiu, ùn si pò più ammintà nè cuntà. Hè
distinatu à firmà ind’è l’ancu à dì, fora di u
linguaghju assinnatu è di u ghjudiziu di l’omi. Si
pò schjarì cum’ellu hè è agisce s’ellu si prova l’interpretazione
cù a dialettica di a seduzzione, è di a parte ch’ella ci
porta a voce da femina.
U
testu di l’Odissea ammenta una seria d’uperazione
sensuriale, affettive è cugnitive infilarate.
Isse
voce fresche è spurgulate schjattanu di colpu, rompenu
u silenziu, richjappanu a nave à u volu (sò voce-acelli).
A tentazione principia firmendu quellu chì passa,
primurosu di una sola cosa : u fine di u viaghju.
Isse
voce dicenu : « veni quì, veni è stà à sente, stà à sente
a nostra voce ! ». A via di a seduzzione hè più a voce chè a
parolla, più l’armunia chè u significatu ». Quellu chì e sente
s’innamora di una voce.
Isse
voce sanu tuttu di e vicende in giru à Troia è prumettenu
a cunniscenza piena di tutte e cose di a Terra di l’Omi.
L’effettu
ch’elle pruducenu hè a primura di stà le à sente sempre di
più è di stende sempre di più l’incantesimu ch’elle
porghjenu cù a ripetizione di u racontu.
Ùn
sarà difficiule à capì chì aldilà di issu incantesimu ci
hè a morte, figurata in u testu di l’Odissea cù l’evucazione
di una pianura larga è inturniata da osse è carne umana chì
secca nantu. L’incantesimu stessu hè ingannu chì agranca u
muvimentu di a vita, di a mossa ver di u locu nativu, via, u
viaghju chì sbocca in Itaca. Hè cusì chì in u testu sò
ligate l’idea di morte cù quella di cuntà è di ripete senza
fine. Issa voce virginale di e Sirene in qualchì modu a pudemu
capì da Sapè tutale, quellu di a Terra Madre, un racontu di l’Origine
ripetutu sempre chì affascina è tomba, perchè chì hè
prumessa vana è prumessa falsa. À issu puntu sariamu trà a
vita di l’omi cuntata da l’omi (hè u racontu fattu da l’autore
ellu stessu) è un’antra narrazione, un racontu miticu (di u
Feminile) fattu da a voce di e Sirene. Racontu tutale, saria
negazione di a storia è ritornu di a Dea Madre, da figura
ambigua (gudimentu è morte).
2.Custruzzione
U
spettaculu I viaghji di mimoria hè custruitu nant’à
trè livelli di sensu, di spressione è di scrittura :
Sfera
di u reale : vita, riferenti, presente cumunu è cutidianu.
Hè rapresentatu quì da u portu cù u so solitu decoru
ambientale. Ancu l’isule chì si vedenu in fondu sò solu un
elementu geugraficu.
I
persunagi in presenza (2 o più interlucutori) sò parte di issa
dimensione realistica. Prima di buscà si à pocu
à pocu qualchì lineamentu di l’Ulisse anticu, u vechju
vestutu da marinare hè cum’è tanti ch’omu pò vede in e
città marittime. D’issu puntu di vista l’Altru hè anch’ellu
unu più chè cumunu : turistu o viaghjatore qualunque...
In
fatti unu è l’altru ùn anu nunda à chì vede inseme è
senza a greva di i battelli ùn si vidianu mancu. In isse
cundizione, u so dialogu saria un miraculu ch’ellu fussi
cumunicazione !
Travagliati
da a dimensione critica di l’irunia è a derisione,
issi elementi custì lacanu postu di quandu in quandu à un
altru significatu di a vita è di e vicende di l’Omu. L’orientazione
generale hè quella di u teatru di l’Assurdu. Un altru latu di
a realità si face vede in issa cerca straziata di un livellu di
cumunicazione. Ne venenu messi in causa i significati abituali.
Discorsu
dramaticu : sò l’allusione à u legendariu cudificatu è
nurmalizatu in i miti cum’elli sò trattati in e literature
dramatiche istituite. Sò rapresentate quì da a sullecitazione
di i testi maiò di u teatru anticu è da e figure, riferenze è
tradizione fulaghje di a cunvenzione literaria. L’archetipu
di a sirena ridotta à un mostru mezu femina è mezu dragu (è
in l’epica postclassica à un essere mezu femina è mezu
pesciu) hè significativu di issa simplificazione semantica.
U
nostru testu intende di ricustituisce omancu parte di a
cumplessità più landana è più fundia d’isse figure mitiche
fruste da quant’elle sò cunnisciute.
Cantu
: ùn si tratta solu di un’illustrazione o di un urnamentu. U
so valore semanticu hè quellu di un elementu dramaticu di pienu
statutu. In a nostra custruzzione hà da esse a so forza
persuasiva (estetica è lirica più chè logica è raziunale) à
mette in causa l’idea cunvenziunale di l’allusingu
tradimentosu di e Sirene. Si pensa chì a sensazione auditiva è
l’emuzione artistica rendenu pussibule è verisimile a
custruzzione di una versione nova (non cunvenziunale) di a fola.
Ciò ch’ellu figura, insegna o sugerisce u cantu ùn abulisce
micca a cunvenzione di u discorsu dramaticu, ma mette in
quistione a tradizione fulaghja è li contrapone un antru
pussibule, valevule omancu quant’è l’altru (nasce cusì a
storia di Lisula, vittima di l’inganni d’Ulisse).
Cusì
l’ambiguità di e rapresentazione muderne di l’isula
(allusingu è ricusu) hè assunta sana sana è tradotta, per
mezu di a figura di e sirene, in seguenze crunulogiche (versione
« tradiziunale » di u scontru di Ulisse cù e sirene, è po
versione inventata da noi).
Argumentu
Una
circustanza particulare (a greva di i battelli) rompe e
cunvenzione di l’esistenza cutidiana è si affacca a memoria
più landana di a ghjente è di e cose. À u nasce di tuttu ci
hè l’isula.
Figurata
quì cum’è un mitu ch’ellu conta un vechju marinare chì
dice di avè persu a memoria. In e stonde castigate di un
racontu frastagliatu, rammenta l’intrecciu di e legende più
vechje ch’ella hà inghjennatu a navigazione.
Cusì
si tesse una fola parturita ingiru à u cantu di e Sirene.
Voce
d’incantu belle chì ùn si pò dì, è periculose quant’ella
ci dice a tradizione chì ammenta e disgrazie chì aspettanu à
chì si laca ammasgiulà. Caribde, Scilla, i Mostri è l’Erinnie,
è l’angosce di l’omu davanti à u Viaghju di Mare affaccanu
tutte in issa Memoria di l’Acqua.
Ulisse
hà fattu tutti i viaghji è sà. Ma trà ciò ch’ellu hà
lacatu ellu in a tradizione è ciò ch’ellu dice à a nostra
sensibilità u cantu di e Sirene, affacca u suspettu... Basta à
fà spuntà un mitu novu, di una chjamata Lisula, è chì
cantava cusì bè...
Oramai,
chì vale a parolla d’Ulisse ?
4.PIANU
1.
Primu QUADRU :
Una
calata longu à u mare. Di pettu, si vedenu parechje isule. Una
panca à primu livellu. Calatu nantu, un vechju vestutu da
marinare. Si amparerà più tardi ch’ellu si chjama Ulisse.
L’altru
hè una persona chì hà da firmà indi fora di u drama,
primurosu solu solu di sapè s’ella hà da compie a greva di i
battelli.
A
parolla passerà da unu à l’altru senza ch’ellu ci sia
propiu cumunicazione.
Dunque,
i soli mumenti chì i persunagi si trovanu sò in raportu cù u
presente più attuale è cuncretu : a greva di i battelli. A
firmata di u trafficu crea una situazione chì dà à l’isula
u visu di una prigiò. Firmata di tutte e faccende, pesu di l’isulamentu,
angoscia di esse chjosu.
Issu
statu insolitu trà vita è non vita palesa l’incertezza di e
nostre faccende, di e norme di cumpurtamentu. Tandu, u furesteru
risente l’insularità cum’è un’offesa, l’omu di l’isula
ci vede una cundanna antica.
À
traversu e parolle barattate ùn ci hè cumunicazione ma scambiu
di discorsi inutili : i persunagi ùn si ponu incuntrà ; ponu
solu ride si di quelli ch’elli imiteghjanu...
2.
Segondu QUADRU
Issa
segonda parte hè custruita nant’à dui livelli :
-
1) quellu di a visione (cuscenza incerta di una colpa antica è
misteriosa ; rimbeccu);
-
2) quellu di a realità (u dialogu trà Ulisse è l’Altru) :
ci si ritorna senza transizione
3.
Terzu QUADRU
Stu
quadru accentueghja u ritornu à u livellu di l’oghje rozu è
cuncretu, ma u reale ùn tene tantu ; ad ogni stonda una parolla
à sensu multiplice u palesa truellatu da stonde landane chì
tiranu ver di l’altru livellu, duv’ellu cumanda u mitu è
chì purterà à a memoria di l’Odissea (cf.sottu, 4)
4.
Quartu QUADRU
A
scena si svolge à un altru livellu, quellu di a memoria di l’Odissea.
U dialogu hè un cuntrastu trà e parolle di u Curifeu, un
cumpagnu di l’Ulisse anticu, è i canti di u Coru di i
Marinari è di u Coru di e Sirene.
5.Quintu
quaDru
A
scena volta in daretu : livellu di a realità, ma cumprumessu ad
ogni mumentu da l’invasu permanente di u mitu : l’isule
stesse, di pettu à noi sò cose immateriale : smarriscenu ed
affaccanu, trà sguardu è sognu. U vechju marinare prova à
arricurdà si, ma a memoria si cunfonde...
6.
Sestu quaDru
Entre
un gruppu di marinari... u tontu i seguita è ogni tantu si
framette.. L’altri u piglianu à a risa quand’ellu parla...
In un latu sò firmati Ulisse è l’Altru... A parolla di u
tontu à pocu pocu accerta a verità : hè Ulisse l’ingannatore,
falsificatore di u mitu. Palesa a storia vera di
Lisula/Leucosia, ma u senteranu l’altri ?
7.
Settimu quaDru
Hè
a stonda chì a crisa si scioglie. U tempu di a greva hè
compiu... Tuttu volta « nurmale »... Ulisse, creatu da e
parolle à sensu doppiu ch’ellu cappia u tempu insolitu di a
greva, smarrisce anch’ellu : l’omu ùn hè più chè un
vechju marinare, sfaccendatu è à l’oziu, chì prova à
cuntà e so fole chì nimu sente...
L’Altru
si avvede di un colpu chì u scagnu di i battelli hè apertu.
Riguara i so pacchetti è valisge è corre...
PERSUNAGI
Ulisse
: vechju marinare
L’Altru
: omu o donna, interlucutore di Ulisse
Eo
: Ulisse o L’Altru
Voi
: Ulisse o L’Altru
Coru
di i Marinari :
Curifeu
:
Coru
di e Sirene :
Primu
Marinare :
Segondu
Marinare :
Terzu
Marinare
Quartu
Marinare
U
tontu
L’omu
Prima
Voce
Segonda
Voce
Terza
Voce
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