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Communication
Université
de Nice-Sophia Antipolis
UNE
LICENCE PROFESSIONNELLE
“ACTEURS-SUD”,
POURQUOI
?
Ce
projet est né de trois constats :
Constat
pédagogique :
La
majorité des étudiants passant par la section Arts du Spectacle a un
goût plus marqué pour les activités pratiques que théoriques. Même
si nous concevons nos enseignements à l'encontre de cette schématique
séparation, nous sommes de fait confrontés à une demande qui appelle
à la professionnalisation. Nous n'en abandonnons pas pour autant la
voie classique qui correspond à une autre partie de la demande. Nous
tâcherons même que les deux voies n'engagent irrémédiablement les
issues (cf. la mise en place de la maîtrise à vocation artistique).
Constat
interculturel :
“La
Côte d'Azur” est au confluent de trois phénomènes culturels :
¶
l'enracinement provençalo-nissart et méditerranéen
¶
la délocalisation française
¶
le cosmopolitisme touristique.
Nos
étudiants sont le reflet de ce métissage, ce qu'il a d'artificiel et
d'humain, d'ambigu et de potentiel. Ce fait ne peut demeurer conceptuel.
Il interroge la pédagogie, la pédagogie lui doit une réponse de
formation et d'insertion, sans fermer la porte aux évolutions. Ni une
fuite vers hier, ni une fuite vers demain. Avec ceux d'aujourd'hui dans
la conscience d'une mémoire et d'un métier qui doit trouver sa place
et forger ses outils.
Constat
stratégique :
Les
Arts du Spectacle sont présents dans peu d'Universités
sud-européennes. Cette pénurie souffre également d'une imprécision
technologique et esthético-culturelle. La professionnalisation appelle
à plus de pragmatisme au regard des hommes et des milieux qu'elle
cible. Dans la notion d' “Acteurs-Sud”, il est question de
savoir-faire, d'usages linguistiques, de références historiques,
ethnologiques et commerciales, de qualité conviviale et déontologique,
que la tradition du métier nomme généreusement “gai savoir”. Ce
gai savoir est communicable. Il est même utile pour aider
professionnels et institutions à réactiver des enjeux et des
sensibilités sans lesquels le marché du spectacle perd de son sens et
de ses attraits. La licence professionnelle sera donc une conception de
l'Université, des Régions et de la partie de la Profession qui
comprendra ce pari et voudra en partager l'aventure. Elle s'ouvrira aux
étudiants titulaires du DEUG Arts du Spectacle et aux gens du métier
qui feront valider leurs acquis professionnels.
Des
résistances et de l'espoir
Bien
sûr, avant même que de naître, ce projet frémit de toutes ses
impuissances. On y lira le danger que fait peser l'article 2 de la
Constitution Française sur les “autres langues de France”, on y
lira “Maastrich” plus enclin à favoriser l'Europe de l'économie
que l'Europe des pays, on y lira le jeu avant la science, les arts avant
le pain... Qu'on y voit donc ce que nos peurs habillent d'impossible !
L'impossible arrache l'espoir du cœur de notre jeunesse. Celle-ci est
dans l'urgence d'inventer ce qu'il lui faut pour vivre et nous sommes
dans le devoir de lui éviter le pire. Alors facilitons la vie en
rapprochant de leurs attentes ceux qui ont su garder assez d'audace pour
les emmener à la rencontre de l'inexplicable raison de créer, en
équipe, dans un monde qui ne sait plus très bien ce que c'est.
Personne n'est forcé. L'Université offrira un cadre diplômant et des
enseignants avertis. Le Métier offrira des compagnies d'accueil
attentives à l'art et à la manière de céder des héritages et des
projets. Les Régions Sud (de PACA à l'Aquitaine) donneront les moyens
de rémunérer l'encadrement professionnel et l'hébergement - couvert
des étudiants en situation de stage. Des institutions comme l'Institut
International du Théâtre Méditerranéen ou la Jeunesse et les Sports
ou des collectivités territoriales... pourront mettre en partenariat
des chantiers. Bref, un réseau s'élabore et pourquoi pas un
compagnonnage de l'Acteur Sud sur les chemins de la création
méridionale, un chemin de la différence qui n'évitera pas les autres,
une façon commune d'aimer la Terre et sa diversité.
Et
aussi du réalisme
Il
faut de l'utopie... et aussi du reste : la connaissance des disciplines
qui déterminent les projets, qui les financent et qui les réalisent,
la ténacité, la critique et la responsabilité. Et aussi le rôle des
aînés ! Universitaires et chefs de compagnie seront là pour
concevoir, dispenser, débattre et noter selon un vrai “rituel
d'initiation” dans l'échange et la sanction de l'œuvre accomplie.
Nous
n'échapperons pas à la bipartition du calendrier entre le semestre dit
théorique et le semestre dit pratique. La nouveauté sera dans la
majoration du temps de stages et dans la vectorisation de la formation
globale qui pragmatisera les apprentissages vers des buts plus concrets,
concrets dans la finalité des études et concrets dans la trace que
cette formation fera à l'intérieur même des milieux qui devront la
professionnaliser demain. Trois types de stages pratiques seront sur ce
parcours :
a.
- un stage dans une compagnie professionnelle (de 200 heures) qui jugera
dans les opportunités de son calendrier les moments les plus utiles à
l'accueil des stagiaires en raison des tâches qu'elles leur proposeront
(échéances : conception, répétitions, tournée... ou stage - projet
festival, - projet scolaire, - projet tourisme culturel, - projet
médiation...).
b.
- un stage intégré dans un réseau euro-méditerranéen (de 50 à 100
heures) : opération artistico-culturelle de l'IITM, rencontres
inter-Universitaires ou Inter-jeunes encadrées par des professionnels
sur des sujets de formation, de co-réalisation, de diffusion ou de
développement).
c.
- Un stage “tutoré” (de 100 heures) : une auto-production assumée
par les stagiaires eux-mêmes depuis sa gestation jusqu'au contact
public (différentes équipes réunissant des nombres variables de
participants selon leurs affinités et leurs centres d'intérêt).
Premier
cru
Le
théâtre est un art, un artisanat et une communauté au travail dans un
lieu de vie ouvert aux temps et aux espaces. Comme tous les métiers, il
est attentif aux plus récentes découvertes. Plus que tous les
métiers, il ne peut oublier d'où il vient : l'Homme nu
dansant-chantant-jouant son être au corps à corps de l'Autre, âme à
âme, langue à langue. L'Histoire des sociétés a autorisé cet Homme
à en faire son métier. Cette loi n'est pas de toute éternité. Un
jour, peut-être, il faudra rendre le théâtre à son origine pour
qu'il redevienne l'acte de tous. Le fin secret de ce métier est
peut-être de préparer cette heure. Nous avons la chance de le cultiver
auprès de cette Méditerranée où plus d'un signe nous indique qu'il
est né, où plus d'un signe nous rappelle qu'il sommeille. Si nous ne
sommes pas portés par ce mystère, le quotidien aura raison de nos
efforts. Et pourtant c'est au quotidien que nous devons à présent le
porter pour qu'il avance en nous de rôle en spectacle, de diplôme en
recherche, de tel public au tout public. D'une chose à l'autre, il va
en nous comme il va en tous, et même si jamais il nous quittait, nous
ne l'oublierions pas car il resterait dans ce qu'il a fait : le meilleur
de nous-même.
Pour
toutes ces raisons, ne devrions-nous pas appeler la première promotion
de licence professionnelle Acteurs-Sud : Paul Puaux. Il vient de nous
quitter. Il était instituteur. En Avignon, il a été le double de Jean
Vilar. A la “mort” d'Avignon, il en est resté l'efficace semence.
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