Culloquiu Tommaseo

et la Corse

Université de Corse

3 et 4 mai 2005

 

 

Les 3 et 4 mai se déroulera à l’université de Corse le colloque intitulé « Niccolò TOMMASEO et la Corse ». Organisée par Angélique Salvarelli et appuyée sur le GRUPPULINGUA de la Faculté des Lettres Langues Arts et Sciences Humaines, cette manifestation réunira plusieurs spécialistes corses et italiens de l’œuvre de l’écrivain et homme politique dalmate qui fut exilé en Corse en 1838. Le Centre Culturel Universitaire et le Centre d’Etudes et de Documentation Salvatore Viale de Bastia apportent leur concours à cette initiative qui permettra de mieux connaître les relations de l’île au continent dans contexte intellectuel, littéraire et politique du XIXème siècle.

 

Interromania présente ici :

·         le programme du colloque ;

·         les résumés des communications

·         quelques documents souvent évoqués et d’accès malaisé. Ils évoquent la communauté des intérêts culturels qui unissaient l’élite corse à Tommaseo, mais aussi les divergences liées à la diversité des appartenances idéologiques et des projets politiques des protagonistes. On y voit s’affirmer la particularité d’une culture hésitant « entre la France et l’Italie » (Fernand Ettori), d’ « Une île entre Paris et Florence » (Marco Cini).

·        

SALVARELLI Angélique, qui organise et dirige le colloque, a soutenu en décembre 2003 une thèse de doctorat ès Lettres (discipline Italien) à l’Université de Corse : « Un écrivain  italien  du  XIXe  siècle à la découverte de la Corse, Niccolò Tommaseo ».

Directeur de thèse : Anne-Christine FAITROP-PORTA, Professeur à l’Université de Corse.

Composition du Jury :

Monsieur CANCELLIERI, Professeur à l’Université de Corse

Monsieur CHIORBOLI, Professeur à l’Université de Corse

Madame FABRIZIO-COSTA, Professeur à l’Université de Caen

Madame FAITROP-PORTA, Professeur à l’Université de Corse

Madame URBANI, Professeur à l’Université de Provence

Titre de la thèse :

 

Résumé : Cette thèse est consacrée à l’étude de l’oeuvre et des convictions idéologiques de Niccolò Tommaseo (1802-1874). Dans la première partie, sont analysés la réflexion philosophique, l’idéal politique et la pensée esthétique de cet écrivain romantique. La recherche  a  également  pour  objectif  d’examiner  sa  tentative de  réformer le modèle du roman historique, et son évolution progressive vers le genre psychologique, tout en demeurant attaché au concept de la vérité, et au principe de la popularité de la littérature. Enfin, sont étudiés sa conception du langage de la création littéraire, ainsi que les particularités de son style, et les liens entre la forme et le contenu de ses oeuvres.

           La seconde partie porte sur l’exil de Tommaseo en France. L’examen de son journal intime et de sa correspondance révèle notamment sa souffrance morale et sa nostalgie de l’Italie, jusqu'à ce qu’il découvre la Corse, où il compose son roman autobiographique et psychologique Fede e bellezza. L’île occupe ainsi une place privilégiée dans son œuvre. La recherche vise à définir son idée de la Corse, non seulement pour découvrir sa perception de la langue, de la culture et de l’histoire de l’île, mais aussi afin de mieux comprendre son roman.

           Dans la troisième partie, sont examinés la structure, le style, le langage et les thèmes de Fede e bellezza. La recherche tend essentiellement à mettre en évidence l’influence du séjour de Tommaseo en France, tant sur le fond que sur la forme de son roman d’analyse, d’inspiration autobiographique. Cette étude révèle notamment un contraste important entre l’image de la Corse et celle de Paris.

          Dans Fede e bellezza, qui apparaît comme le roman de l’exil, l’île, contrairement à la capitale française, représente un idéal, et elle devient, pour l’écrivain, un prétexte pour exprimer ses sentiments, mais aussi ses convictions idéologiques, ses valeurs morales et religieuses, et ses aspirations pour l’Italie.

 

Mots clés :   Tommaseo, Italie, Corse, Romantisme.

 

Autres publications sur le thème:  

 

« La Corse, un idéal pour l’écrivain italien Niccolò Tommaseo », Lengas, Montpellier, C.N.R.S. Université Paul valéry - Montpellier III, n°55, 2004, pp.  159-182.

 

« La Corse vue par un écrivain italien du XIXe siècle, Niccolò Tommaseo », Etudes corses, Ajaccio, Albiana, n°58, 2004, pp. 45-68.

 

3) « Les Paysages de la Corse dans Fede e bellezza », Quaderni del CRIER, Vérone, à paraître.

 

« La Langue, la culture et l’histoire de la Corse vues par un écrivain italien du XIXe siècle, Niccolò Tommaseo », Iles de mémoires, ouvrage collectif dirigé par Françoise ALBERTINI et Mario ATZORI, Bastia, Editions Dumane, 2004, pp. 313-332.

 

« Niccolò Tommaseo et la Corse », Encyclopaedia Corsicae, 7 volumes, Bastia, Editions Dumane, décembre 2004, vol. III, pp. 827-832.

 

« Echanges culturels entre la Corse et la Toscane au XIXe siècle, la contribution de Niccolò Tommaseo », Parcours interculturels, ouvrage collectif dirigé par Jean CHIORBOLI, Corte, Université de Corse (Bibliothèque universitaire - Centre de Recherches Corse-Méditérranée), 2005, pp. 392-409.

 

« Le Personnage de Maria dans le roman Fede e bellezza : l’illustration de la Corse et d’un idéal », Actes du Congrès Environnement et Identité en Méditerranée, Corte, 19-25 juillet 2004, Bastia, Karibu Editions, décembre 2004, 16 pp.

 

 


Programme du Colloque

Tommaseo et la Corse


3 et 4 MAI 2005.

Faculté de Lettres, Langues, Arts et Sciences Humaines.

Amphithéâtre Raymond Montet.

 

 

Président des séances : Dottore Marco CINI

 

Mardi 3 mai

 

9h15 Accueil des participants

9h45 Séance inaugurale

10h00     Alessandro VOLPI, L’idea di popolo in N. Tommaseo

10h30   Francesco BRUNI, Le Scintille (1841) : l’idea della poesia popolare e la componente corsa

 11h00        Présentation de la publication Parcours interculturels

 

Déjeuner

 

14h00      Eugène GHERARDI, Pratiques, stratégies et représentations langagières dans la Corse du XIXe siècle

 14h30    Marco CINI, Mercato librario e intermediazione culturale nella Corsica dell’800. Considerazioni sul ruolo di Tommaseo, Viale e Vieusseux

 15h  Pause

 15h15      Jean CHIORBOLI, Un commentaire de Salvatore Viale sur les Canti popolari corsi

 15h45è 16h15        Annalisa NESI, Canti popolari corsi di Tommaseo : contenuto e funzione delle note

 

 

 

Mercredi 4 mai

  

9h30     Aldo Maria MORACE, Tommaseo e le « Novelle storiche corse »

 10h    Fabrizio FRANCESCHINI, Ville et campagne dans l’œuvre de Tommaseo et d’autres écrivains toscans

 

10h30    Pause

 

 10h45,        Cécile Perrette BUFFARIA, De la marginalité à l’insularité : la matrice identitaire chez Tommaseo

 11h15 et 11h45         Aurélie GENDRAT-CLAUDEL, Pour une traduction française de Fede e bellezza : le cas particulier des "pages-paysage" corses

 

Déjeuner

 

14h00     Marie MARCHETTI, Le couple Tommaseo / Viale à l’épreuve de la modernité.

14h30          Angélique SALVARELLI, Images littéraires de la Corse

 15h00          Emanuela MINUTO, Titre non communiqué.

 

15h 30         Conclusion

 


Interventions


 

Francesco Bruni

Le Scintille (1841) : l’idea della poesia popolare e la componente corsa

 

Le Scintille si possono considerare una sorta di manifesto che si accompagna all’edizione dei quattro volumi dei Canti popolari pubblicati da Tommaseo nel 1841-42. Tommaseo scopre la dimensione internazionale del popolo durante i mesi trascorsi in Corsica. Popolo è per lui un concetto, mitico e razionale insieme, che ha una dimensione civile, etica, in alternativa alla vita cittadina, e una dimensione letteraria, decisiva per una letteratura che abbia basi diverse da quelle dell’ancien régime.

Non solo è in Corsica che Tommaseo matura queste idee : le conoscenze o amicizie corse (Conti e Multedo in primo luogo) animano la prima parte delle Scintille, dove l’esperienza è intrecciata alla prospettiva dell’Italia continentale, della Francia, della Dalmazia, e della Grecia : il mondo appunto, dei Canti popolari.

 

Perrette Buffaria et Aurélie Gendrat-Claudel

 

- Perrette BUFFARIA : De la marginalité à l’insularité : la matrice identitaire chez Tommaseo

-Aurélie GENDRAT-CLAUDEL : Pour une traduction française de Fede e bellezza : le cas particulier des "pages-paysage" corses

 

          Il s’agit d’une part de reparcourir rapidement les données bio-bibliographiques qui ont déterniné la scansion d’une constellation thématique (celle qui associe marginalité, frontière, insularité, exil, étranger/national, autre/même, etc.) et sa modulation scripturale et stylistique (mémoire, fiction, écriture normative ou documentaire, inscription, effacement, mise en sourdine du sujet locuteur-témoin, etc.) pour repérer des schèmes expressions variables certes, mais cohérents pourvu qu’on les rapporte à une même visée (sans doute identitaire, cela reste à vérifier).

          Il s’agit d’autre part, de vérifier, à partir de l’analyse des récurrences de figures dans l’écriture, l’hypothèse selon laquelle l’écriture de Fede e bellezza n’est en rien fortuite, mais marque une étape essentielle (si ce n’est un aboutissement) dans l’évolution dessinée par Tommaseo ; cette évolution procède des marges vers le centre et l’insularité en passant les détours, l’exil, les déviations, les démarcations, etc. au point que l’on peut probablement considérer que la marginalité et l’insularité assument finalement une valeur matricielle dans la quête identitaire qui est à l’œuvre dans les textes normatifs ou documentaires chez Tommaseo.

          Par ailleurs, l’illustration et le commentaire des problèmes soulevés notamment par la traduction des passages de Fede e bellezza consacrés à la Corse devraient permettre de proposer une réflexion sur la fonction de la référence insulaire ; en effet d’un point de vue narratologique, un jeu complexe de prolepses et de comparaisons convergent vers un chapitre décisif (le livre V), dont l’action se déroule en Corse précisément ; or l’examen méticuleux des descriptions révèle un paradoxe, celui d’une écriture « déceptive » qui procède à la dérobée : un paysage de « substitution » semble se glisser subrepticement sous les yeux du lecteur qui se voit affublé de références « exotiques » (allusions à la Dalmatie, au nord de l’Italie), alors que la focalisation déclarée ou attendue est corse ; il s’agira alors de s’interroger sur le sens, les tenants et les aboutissants de cette écriture dans laquelle (en vertu sans doute des motivations bio-bibliographiques profondes énoncées au préalable) les glissements, les embrayages retardent l’évocation de la Corse.

 

Jean Chiorboli

Un commentaire de Salvatore Viale sur les Canti popolari corsi

 

Dans une ébauche de lettre à Tommaseo (transcrite par M. Cini), Viale apporte sans complaisance un certain nombre de corrections aux plans historique, politique, moral et linguistique, aussi bien sur le fond que sur la forme. Il a ainsi l’occasion de pointer les nombreuses erreurs de transcription ou d’interprétation commises par Tommaseo et l’invite notamment à être plus fidèle à l’esprit et à la lettre du « dialetto corso ».

  

Marco Cini

 Mercato librario e intermediazione culturale nella Corsica dell’800. Considerazioni sul ruolo di Tommaseo, Viale e Vieusseux.

 

Con questo intervento, mi riprometto di indagare le logiche commerciali ed editoriali del mercato librario in Corsica nella prima metà del XIX secolo, cercando di capire lo spazio occupato dalla produzione libraria di lingua italiana. A questo proposito si tratterà di capire quale è stato il contributo dato dalla fondamentale intermediazione culturale svolta da Tommaseo e da Viale, fra la Toscana e la Corsica, e di valutare, su un piano più strettamente commerciale, le relazioni fra gli editori bastiesi Fabiani e il fiorentino Vieusseux, sodale di Tommaseo e di Viale.

 

 

Fabrizio Franceschini

 Ville et campagne dans l’œuvre de Tommaseo et d’autres écrivains toscans

 

 

Eugène Gherardi

 Pratiques, stratégies et représentations langagières dans la Corse du XIXe siècle

 

C’est sur des enjeux linguistiques que se polarise une bonne part de la vie culturelle corse au XIXe siècle. Toutefois, ne nous y méprenons pas, il ne s’agit pas seulement de querelles linguistiques, mais aussi d’un affrontement politique et idéologique entre deux conceptions de l’Etat, entre centralisme jacobin et tentation fédéraliste. Par conséquent, les Corses oscillent entre le désir de se singulariser et celui de se fondre complètement dans la grande nation française. Ainsi, N. Tommaseo peut-il évoquer dans sa Storia civile nella letteraria l’impeccable expression des vers en langues italienne et française qui lui sont destinés à son retour d’exil par deux jeunes poètes corses : « I Corsi adesso scrivono allegramente in francese ; e le due lingue hanno interpreti del pari felici : e sarebbe da desiderare a non pochi Francesi che scrivano la lingua loro come Stefano Conti, e a non pochi Italiani la loro come Giuseppe Multedo. I quali ambedue indirizzarono versi eletti a un Dalmata che, ritornando dal primo esilio, già sentiva la sacra solitudine del secondo ».

Cette contribution, éclairée par la pensée de N. Tommaseo, invite à reconsidérer le siècle dans toute sa complexité.

 

 Marie Marchetti

 Le couple Tommaseo / Viale à l’épreuve de la modernité.

 

Dans le domaine des Etudes corses, l’écrivain dalmate N. Tommaseo est régulièrement associé à la figure du lettré bastiais S. Viale. Couple fondateur de la littérature corse écrite, ils ont tous deux contribué à son lancement sur la scène européenne au moment où la mode est à la découverte des littératures populaires. La littérature italienne, et en particulier, la poésie, presque exclusivement aristocratique, s’ouvre alors, avec les Canti popolari, à la poésie populaire, reconnaissant ainsi aux productions orales une valeur jusque là ignorée.

Toutefois, si Tommaseo est asssocié au Romantisme, Viale développe, dans ses écrits, ses goûts néo-classiques ; si Tommaseo prend une part active au Risorgimento, Viale prend place parmi les conservateurs... Sur quel terrain se sont-ils rencontrés ? Gageons qu’il s’agit de la modernité, notion nouvelle, nommée d’abord par Baudelaire et qui souffle sur l’Europe...

 

Emanuela Minuto

 Titre non communiqué. Communication liée à celle de Alessandro Volpi.

 

L’intervento mira a rintracciare i complessi e tutt’altro che univoci richiami all’eredità del Tommaseo dei Canti popolari corsi presenti nelle riviste « Archivio per l’antropologia e l’etnografia » e « Archivio per lo studio delle tradizioni popolari ». Si tratta, come noto, di due periodici di differente impianto e sorti a distanza uno dall’altro di undici anni : il primo, organo della fiorentina Società italiana di antropologia e etnologia, fu fondato infatti nel 1871, mentre il secondo uscì per la prima volta nel 1882, grazie all’impegno del « demopsicologo » Giuseppe Pitrè.

Per l’assoluta centralità occupata dalle due riviste nel panorama culturale italiano di secondo Ottocento e primo Novecento e per i significativi riflessi da loro prodotti in campo politico-ideologico, l’analisi potrebbe fornire alcuni stimolanti, sebbene provvisori, risultati. Non di rado, infatti, gli studi ospitati offrirono materiale funzionale ad un discorso politico prenazionalista o già nazionalista e colonialista. In questo senso allora potrebbe risultare interessante tratteggiare una prima ricostruzione intorno all’impiego del retaggio tommaseiano dei Canti corsi da parte dei collaboratori di questi periodici e delle possibili conseguenze che, in alcuni casi, ne sarebbero potute derivare in termini, appunto, politici.

 

 

Aldo Maria Morace

Tommaseo e le « Novelle storiche corse »

 

   Si tratta dell’edizione curata nel 1846 da Tommaseo e comprendente otto novelle. So bene che sono state studiate dalla Nesi, ma la mia prospettiva è diversa. Come sa, ho lavorato molto sulla novella come genere ed ho guidato nove unità di ricerca disseminate in Italia sul tema. Per l’Interreg stiamo raccogliendo, per poi pubblicare, le novelle corse dell’Ottocento, sulle quali ho raccolto molto materiale.

   Al convegno darò notizia del ritrovamento delle carte di un autore di novelle corse. In conclusione, parto dalle novelle corse raccolte da Tommaseo per proiettarle nel quadro del genere, sia a livello corso che nell’ambito dello sviluppo della novella in Italia.

 

 

Annalisa Nesi

 I Canti popolari corsi di Tommaseo : contenuto e funzione delle note

 

 Intervento sui Canti popolari da un punto di vista dialettale, delle note...

 

 Angélique Salvarelli

 Images littéraires de la Corse (titre provisoire)

 

Cette communication aura pour but d’établir une comparaison entre l’image de la Corse élaborée par Tommaseo et celle construite par les grands écrivains français du XIXe siècle, notamment par Guy de Maupassant dans Histoire corse et dans Une vendetta.

 

Alessandro Volpi

 L’idea di popolo in N. Tommaseo

 

Il mio intervento avrà ad oggetto la nozione di popolo nell’opera di Tommaseo. L’obiettivo sarà quello di rintracciare nella produzione politica e in quella letteraria, così come negli epistolari, la definizione data dal pensatore dalmata di tale termine, una definizione non sempre organica, né tantomeno univoca che ha subito differenti articolazioni, anche contradditorie, nelle diversi fasi della biografia intellettuale di Tommaseo.

Il popolo ha rappresentato infatti la fonte di legittimità assoluta del potere politico, privo di una compiuta e matura forma istituzionale che non fosse una spontanea democrazia dei sentimenti di chiara ispirazione cristiana. Ma è stato anche l’interprete primo dell’operato della Provvidenza, soggetto assoluto e puro rispetto ad ogni espressione della storia e al tempo medesimo, ipso facto, codice politico totalizzante : il popolo che si riunisce nelle chiese e nella forza della parola divina trova le risorse rigeneratrici e gli aneliti ad una libertà aliena da meno individualistiche. La nozione di popolo si è poi scomposta, nel complesso repertorio dei Canti popolari, in una dimensione legata intimamente alla montagna, sanamente morale e capace di perpetuare sé medesima nella conservazione dei costumi e della lingua, a cui si contrapponeva una plebe urbanizzata, vittima del vizio dei tempi ; un’ accezione quest’ultima connessa all’acquisizione di caratteri « borghesi » e moderni. In questo senso, la celebrazione del popolo procede in Tommaseo attraverso categorie premoderne, che rifiutano qualsiasi apologia del progresso, isolata dall’imponente tradizione ecclesiale e spirituale dal cattolicesimo romano. Come una tale nozione potesse conciliarsi con gli istituti della rappresentanza e delle scritture statutarie risulta complesso da comprendere, nonostante gli sforzi pur operati da Tommaseo di irregimentatre le sue pulsioni istintivamente letterarie in materiali di elaborazione politica.

 

 


Niccolò Tommaseo

et

La Corse


 

 

Les rapports de la Corse avec l’Italie du XIXe siècle présentent un intérêt particulier non seulement d’un point de vue historique dans la mesure où ils concernent le patrimoine identitaire de l’île, mais aussi pour un présent où la perspective européenne et les coopérations interrégionales proposent un champ fécond d’action et de réflexions.

A l’initiative d’Angélique Salvarelli et avec la collaboration de différents partenaires se tiendra les 3 et 4 mai un colloque autour de la grande figure de Niccolò Tommaseo, héros du Risorgimento mais aussi « découvreur » de la Corse romantique et ami de salvatore Viale.

En guise de contribution aux travaux, Interromania offre à lire les poèmes que Tommaseo et ses correspondants insulaires échangèrent en 1839.

 

A M. TOMASEO

POÈTE ITALIEN.

 

Frère, puisque le vent t’amène à nos rivages

Puisque de notre ciel les aubes t’ont souri,

Puisque , dans le parfum des lavandes sauvages

Frère, tu viens chercher le repos et l’abri, -

 

Oh! laisse qu’une main te soit du bord tendue;

Qu’un écho se réveille à ton cri de douleur ;

Que la larme d’exil , à es yeux suspendue

Pour être offerte à Dieu, tombe dans une fleur!

 

On la trouve partout !a fleur de poésie

Pleurs de l’homme ou du ciel, en son calice é4roit

Elle porte toujours cette goutte choisie

Où se baigne l’abeille, où le papillon boit.

 

Sur les plus hauts sommets elle germe adorée :

Quand le crucifié jeta son grand soupir,

Pour épancher l’encens de son urne éplorée

Elle nacquit aux pieds de sa croix de martyr.

 

1)epuis,  lorsque le jour s’envole à tire d’aile,

Le Golgotba la voit s’allumer, chaque soir,

BIanche Aglaophotis , lampe odorante et frêle,

Veilleuse de la tombe, étoile de l’espoir (1).

 

Laisse-moi donc verser de ce baume à ton âme,

Laisse-moi t’entourer de ces vives senteurs,

Pauvre exilé, qui viens de rattacher ta prame,

Pour que bienôt, demain, le vent l’emporte ailleurs.

 

Ah ! s‘i1 ne te fallait que des molles prairies,

Que des blondes amours , des sourires éclos,

Des ombres pour couvrir tes grandes rêveries

Des nids pour les chanter, pour les bercer des flots;

 

Ah ! s’il ne te fallait que la nature immense,

Les torses de rochers, les chênes suspendus,

Les trombes que l’orage embouche en sa dénence,

Les torrents en éclats, les fleuves éperdus;

 

Jc saurais te mener , à travers les brousailles,

Vers ces âpres forêts que vit Dante aux enfers

Où, comme pour sonner le réveil des batailles

Un vieil aigle isolé trompette dans les airs , —

 

Vers ces forêts sans nom, pleines d’ombre mouvante,

Qui s’élèvent si haut dans l’espace et le temps

Qu’elles semblent, d’en bas , la mâturei vivante

D’un vaisseau de granit , construit par des Titans.

 

Je saurais à tes pieds mettre des sources blanches,

Jeune muse , endormie en un rêve d’amour,

Et, comme à Danaé, par le crible des branches

Faire sur ton sommeil pleuvoir tout l’or du jour.

 

Dans le pâle couchant des sereines journées

Quand la lune apparaît aux horizons lointains,

Blême comme d’effroi, les tempes décharnées,

Sans flamme, sans sourire, avec des traits humains;

 

Sur le nuage blanc d’un morne crépuscule

On dirait, à la voir se poser dans l’Ether,

Le crâne dépouillé qu’en sa froide cellule

L’Anachorète saint méditait au désert;

 

Oh ! tu pourrais alors , à ce spectacle sombre

Chanter l’hymne infini du doute et de l’espoir,

Et, comme d’un manteau, t’envelopper de l’ombre

Que Dieu laisse tomber à ces heures du soir.

 

Mais que t’importe à toi le jeune faon qui brame,

La biche énamourée et le gai muffoli,

Le sangier qui sort dc ses makis en flamme,

Le torrent déchiré qui hurle dans son lit?

 

Que t’importe le ciel pétillant comme un âtre

La lavange d’hyver dévorant les troupeaux

Et le soufle puissant dans la corne du pâtre

A travers tous les monts, brisant tous les échos?

 

Que t’importe de voir,dans l’borison qui brûle,

Le soleil se mourir d’ivresse ou de lan gueur,

Et, dans l’azur éteint la lune somnambule

Tourner autour de nous comme un astre rêveur?

 

Ah ! c’est d’un autre amour que ton âme déborde,

C’est d’un autre infini que tu sens le besoin

Pour que ton coeur s’éveille , il faut qu’une autre corde

Y vibre de douteur et retentisse au loin ;

 

Au loin vers d’autres mers, et vers d’autres étoiles;

Là bas où les parfums des brises du Tyrol

Devinant la beauté sous son masque et ses voiles

L entourent en passant et l’embaument au vol.

 

Savons-nous ce que c’est que d’aimer de ton âme

Nous autres qui portons notre ciel avec nous

Que d aimer son pays, comme on aime une femme?

Savons-nous ce que c’est que d’en être jaloux ?

 

Que de voir sa Venise, à l’étranger immonde

Ouvrir sa gorge nue et vendre son baiser

Tandis que l’on se meurt pour elle et que le monde

Du feu qu’on porte au coeur ne veut pas s’embraser?

 

Mon dieu, qu’est-ce à côté de ces douleurs immenses

Que nos pauvres douleurs, nos tristesses d’un jour,

Nos délires sans fin, nos transports, nos démences,

Mon Dieu! Qu’est-ce à côté de cet immense amour?

 

Amant de ta patrie, ah ! ce n’est que pour elle

Que tu viens aujourd’hui sur nos rives t’asseoir;

Tu viens pour la guetter, quand le vent de son aile

Ecarte le nuage et la laisse entrewoir.

 

Alors on aperçoit ses brillantes collines

Qui sortent de l’azur et qui nagent dans l’or,

Telles, qu’on les dirait les coupoles divines

D’un vieux temple englouti que l’homme adore encor.

 

Comme ce jeune grec qui le long de la grève

Se plaignait à sa mère et l’évoquait des eaux.

C’est bien ta mère aussi qui répond à ton rêve,

Et pour te consoler se soulève des flots.

 

Les mêmes sons du moins frapperont tes oreilles

Sur ce rocher d’exil où tu t’asseois pieux

Les mêmes grappes d’o, ces mamelles des treilles,

Comme pour t’allaiter se suspendront des cieux ;

 

La même vague bleue au sein plein de lumière

Palpitera d’amour sous ta joyeuse main,

Les mêmes nuits luiront à ta douce paupière,

Et le même soleil y brillera demain. -

 

Mon frère, ils t’ont chassé de ta Venise en fête.

Laisse tomber sur eux un sourire moqueur :

Ils ont pu t’exiler de son sein, ô poète,

Mais pourront-ils jamais l’exiler de ton coeur 7

E. C.

 

(1)L’Aglaophotis est une fleur qui s’allume tous les soirs , d’une étiuceile électrique. On croyait que, sur le Calvaire, elle était entretenue de ce feu par les émanationa du Christ. Un pareil phénomène se remarque dans le cresson du Pérou qui trahit le moment de sa fécondité par un jet de lumière.

 

Poème paru dans le Journal de la Corse, n°33, mercredi 14 août 1839, page 4

 

 


 

 

A STEFANO CONTI

N. TOMMASEO (1°)

 

Cantami, o buon poeta, inno più lieto.

Italia mia vedrò, l’amnata e pianta

Donna del mio pensiero: i templi antichi

Vedrò dov’ io pregai soletto a sera;

Vedrò le tele e i marmi onde la prima

Mi spirò ‘ntorno al cuore aura del bello :

Dal saldo petto e da le caste labbra

Di toscane fanciulle udrò l’accento

Della favella mia puro venire

Quasi voce d’ucel tra la verdura.

Come pittor che torna al suo modello,

O bellezze immortali, a voi ritorno

E nuova vena di piacer da voi

I rinnovati miei pensier trarranno.

Fido amator così nella fervente

E lungamente vagheggiata donna

Nuove vaghezze trova, ritornando,

E più pago che stanco in lei riposa.

Voi pur vedrò, foci del Tizio, ov’ io

Bevvi col latte e colla fede avita,

L’idioma d’Italia e la speranza

Li son del padre e della madre mia

(Nè ancor le vidi) e d’ un gentile amico

Le sepolture. E poi che baci al sasso

Dati avrò che dolor tanti ricopre,

A te, Venezia, lieta ospite mia

E donna de’ miei padri, a te possente

Lombarda terra onde l’origin trassi

Riverrò seguitando il mio destino.

Lunga stagion vagante alla montagna

orna il cavallo al cavaliero e al morso.

Ma non oblia l’amor de’paschi antichi.

La terra dell’esiglio avrà gran parte

De miei pensier : chè nell’ esiglio crebbe

L’ anima pellegrina : e sa d’ amaro,

Ma nutre forte, il pan della sventura.

Nuovo di terre e di vivente aspetto

Vidi, e udii voci che passar volando,

Che suonaro al cor mio in minore parole.

E piacer provai dentro inaspettati

Come chi va per lunga erta pietrosa

Incerta ansando, e scopre una valletta,

E tra l’ombra e le case acqua corrente.

Ond’io ne’ di quando le tue m’ avranno

Quete e del fior dell’ arte incoronate

Acque o Venezia, penserò laddove

Ne’ grandi scogli della pia Bretagna

Infrange l’oceàn l’onde tananti.

E della Brenia al margine gremito

Di regie ville, vederò giganti

Gli armorici dulmenni. e seder mesta

Quiberon dirimpetto al sol merente

Piangendo i figli suoi caduti indarno.

E dove affretta il piè per lieta vita

L’ Adige lieto, mi verranno a mente

L’ ore che lungo Senna, innamorato,

Fra le mosse dal vento ombre cantai.

Quando a notte entrerò, Pisa, il tuo campo

Ove dormon le forti ossa degli avi

Sotto la santa terra palestina,

Davanti a me si schiereran le navi

Carche d’ oro e di guerra e di peccato

Da interminato pelago veguenti

Di Loïra alle foci e di Garonna.

Nella pace, o Milan, di tua pianura

Dritte ed eccelse e in sua spessezza liete

Fremeran d’ Aïtone e di Nïello

L’ ombre ne’ miei pensier : vedrò ‘l pallore

Umile e altero delle corse donne

Percuotermi nel cuor più che d’ amore :

Udrò simile alla cirnea vendetta

Urlar tra sassi e le ulivete il vento ;

E per le felci la levata fiamma ;

E il vòcero che cupo a passo lento

Segue l’ombre de’ morti e chiama sangue.

E te pur penserò che dalla forte

Terra in cui l’adulato Esule nacque

Mandi del canto l’ospital saluto

All’ errante poeta. Oh con sue caste

Forme, felice ingegno, a sé ti tragga

L italica bellezza. A lei modesti,

Ma caldi e ornati di pietà, gli amori.

CONTI, memoria alata è la speranza.

A me, le molte che raccolsi in via

Pie rimembranze, ne’ languor conforto.

Lume al presente e all’ avvenir fien penna.

Nocchier che salpa, i remi indietro appunta

Alla riva fuggente : il navicello

Guizza sull’ onde, e a nuovi lidi aspira.

 

(1) Voyez Journal de la Corse, 14 août 839

Nous insérons la réponse que M.Tommaseo adresse à M.Etienne Conti. M.Tommaseo a obtenu de rentrer en Italie. Les amis de son beau talent le verront reprendre avec plaisir ses travaux littéraires. Plus particulièrement connu en France par son volume de poèmes intitulé  Mes Confessions,  M.Tommaseo est aussi l’auteur d’un roman Le duc d’Athènes et de plusieurs remarquables articles philosophiques publiés dans le Subalpino.  Son exposition de la doctrine de Rosmini, philosophe milanais,  a eu un véritable retentissement parmi les métaphysiciens.

Poème paru dans le Journal de la Corse, n°35, mercredi 28 août 1839, page 4

 

 


 

 

VARIÉTÉS.

Nous nous empressons d’insérer dans notre journal une pièce de vers, adressée par M. l’avocat Josepb Multedo à M. Tommaseo.

 

Poichè ritorni a sciogliere

La barca, oPellegrino,

Poiche ti chiama instabile

Sull’onde il tuo destino,

Se di mia patria amasti

L’ombre giganti, e i casti

Laghi montani, e i fior :

Se dilettosi e tepidi

Gl’inverni, e il ciel sereno

Ti sorrideano, e i ceruli

Flutti del mar Tirreno,

I monti al ciel confini,

Il mormorio dei pini,

De’ cupi antri 1’ orror ;

Se t ispiràr. se t’erano

Sorgente e poësia,

Delle cascate il fremito,

Dai venti l’armonia,

Gradito in sul cammin

Oh ! d’un amico il pianto,

Oh! d’un fratello il canto

Ti siegua, o Pellegrin.

Lunga è stagion che profugo

Sul mar vedevi a sera

Fuggir le case e gli alberi

Dell’ ltala costiera,

E il cor gemeati al pio

Suon che dai colli addio

Diceva al dì che muor.

Godevi, o pover Esule,

Sopra la poppa assiso,

Membrar la madre, e Italia,

E di sue notte il riso,

E i dolci di lontani;

E sorto in climi estrani