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Ghjurnata di a Puesia
Mediterranea 2002
MÉTAPHYSIQUE DE LA ROSE DE SABLE
(extraits)
À chaque fois que je dis"je
suis arrivé" une fenêtre s'éteint
et une autre s'allume!
(est-ce le faisceau soyeux
d'un éclair qui accouple la nuit à l'ombre
ou est-ce la rose dans la
désolation du Sahara
qui se laisse guider par le
silex des rois? )...
A chaque fois que je dis" je
suis arrivé",une fenêtre veillant en pleine
lumière,
s'éteint, et aucune
chauve-souris n'entame ma nuit, par des
ailes de velours.
" Puis-je entrer?"
- Qui ?!..Personne n'habite
cette maison!
- Et la voix que...?!
-Aucune voix...celle-ci est
un temps qui nous traverse comme une
ombre...
et, même moi. je ne suis plus
là... pour l'écouter.
Viendra-t-elle donc de la
nuit qui n'est pas encore venue?
Le songe me retire du
sommeil.
Mon ciel est une pierre que
bâtit l'encre de la nuit
Est-t-elle nuit ou lait noir
dans ma paume?
Est--elle mer ivre d'eau ou
ombre d'une aile à plumes blanches?
Moi qui vis dans mes doigts,
chaque nuit je dis:"la nuit
s'éclaire à la lumière des étoiles
éteintes".
Chaque nuit je descends dans
ta nuit sans te croiser.
Chaque nuit je grave dans son
mur, ton ombre, pour que je t'oublie.
Rien de ta nuit dans ma main,
sauf une faute que j'ai nommée (la) mort
et une ombre endormie dans
mes doigts.
Avec les doigts des
palmiers,le Sahara nous accueille.
Que nous y entrons!
Toute ombre est aveugle.
Toute branche est source
d'eau.
Nous verrons les choses qui
saignent dans leurs noms:
ni la rose sait qu'elle est
rose
ni le soleil qui cloche sur
les dunes
sait qu'il est soleil
ni le Sahara où nous nous
laissons guider,par des pas aveugles,
sait qu'il est Shara
ni toi,sur le croisement de
mes routes,
sais que tu es toi.
Cet amour est une cinquième
saison entre deux automnes
ni moi,avec toi, sais que je
suis moi.
Elle: -La nuit?
Il: -Enfance du jour.
Elle: -L'ébène?
Il:-Pin à raisins.
Elle:-L'aube?
Il:-Ombre et cendre.
Elle:-L'île?
Il:-Songe d'une mer énivrée
d'eau.
Elle:-La mer donc?
Il:-Le "r" est cloche d'eau
qui coule comme ci ...comme ça.
Elle:-Le"m"?
Il:-Tantôt coquillage éclos
Tantôt pierre close.
Elle:-Le "e"?
Il:-Nuit de mer pliant sa
nuit.
Elle:-La lettre?
Il:-Ombre de son ou arc
d'écho.
Elle:-Le nom?
Il:-Songe d'une lettre.
Elle:-L'image?
Il:-Songe d'un nom.
Elle:-Le Sahara?
Il:-Eau.
Elle:-Qui s’y baigne?
Il:-Ma soif.
Elle:-La rose de sable?
Il:-Toi.
Elle:-Quest-ce que chuchote
l'encre au blanc?
Il:-La langue muette.
Elle:-La femme?
Il:-Terre par-delà la nuit.
Elle:-L'ombre?
Il:-Cendre de lumière.
Elle:-Alors qu'elle demeure
pour l'ombre de l'ange qui pend dans la
nuit?
Il:-Ma chanson.
Elle:-Et l'arc-en-ciel qui
s'endort chaque automne sur l'épaule de la
mosquée..
A quoi songe-t-il?
Il:-A ce que j'attache dans
sa cloche l'ombre de ma chanson.
Elle:-Que demandes-tu à cette
nuit ?
Il:-Une foudre..pour que je
nourrisse la mémoire du Sahara dans une rose
de sable ou dans une graine de sable.
Elle:-Encore?
Il:-Une foudre..pour que je
vois ces herbes blanches dans l'écume des
cuises.
Elle:-Encore?
Il:-Une foudre.. pour que je
vois une graine noire de sel qui se rosit
dans l'ombre des seins et une eau qui veille
dans l'eau.
Elle: -La mort?
Il:-Fenêtre décorative sur un
mur aveugle.
Elle:-........
Il:-.........
Je demande à la rose:
-Qu'est ce que la mort fait
de nous?
-Elle ouvre des portes sans
les fermer
et elle ferme des portes sans
les ouvrir.
La rose de sable est un
tombeau
où le Sahara naît et meurt.
Serait-il pssible donc de
tromper
l'eau qui la lave,
le soleil qui l'éteint,
le vent qui en tire de l'or
ou des feuilles?
Serait-il possible d'habiter
la mort qui habite la nuit de la rose close?
La première chose que la nuit
allume...c'est nos yeux
et nous veillons dans leurs
ombres mêmes...
Les yeux sont la dernière
chose que la mort éteint.
Alors tire sur moi -un par
un –
tous les rideaux de l'oubli.
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