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Puesia 99

 

Ghjacumu Thiers

 

 

 

 

Và la nave

 

È la nave

Fantasia

Ma Fellini

A camera s’hè viota

U to sguardu s’hè spintu

Ma Ghjelsumina canta

Baddarina da strada

Salti pà li figuri

Chì lu filmu sbucina

 

È la nave

Dolce vita

Vinu acetu

Un brindisi amaru

Ci lampa in Roma etema

Cinecittà Fellini

S’hè inturchjat’à la morti

lngrisgisci u catramu

Nant’u mari di Rimini

 

Ma la nave

D’una vita

Infinita

Fantasimi arditi

Appesi à l’ancinu

Di l’amaru ricordu

La nave hà da vultà

U filmu turnerà

Nant’à sponda latina

 

 

Và la nave

Di Fellini

Fantasia

Pellicula incantata

Stinzata à l’arici

Di un’arti squisita

La nave ùn pianterà

U filmu turnerà

È Ghjelsumina badda

È la strada camina

È ghjelsumina canta

Nant’a nave latina

Chì và

 

 

Và la nave

 

Et le navire

imagination

mais Fellini

la chambre est vide

ton regard s'est éteint

mais Gelsomina chante

ballerine de la Strada

tu sautilles au fil des images

que le film dévide

 

Et le navire

Dolce vita

vin sûri

un verre amèrement levé

nous jette dans Roma éternelle

Cinecita Fellini

prise au vertige de la mort

l'asphalte tourne au gris

sur la mer de Rimini

 

Mais le navire

d'une vie

infinie

fantasmes hardis

qui s'accrochent à la dent

du souvenir amer

le navire reviendra

le film retournera

sur la rive latine

 

Vogue le navire

de Fellini

imagination

pellicule captivée

étirée sur le bord

d'un art recherché

le navire avancera

le film retournera

et Gelsomina danse

et la Strada chemine

et Gelsomina chante

sur la nef latine

qui vogue

 

 


 

Nausicaa

 

 

Sò vechja

N’aghju vistu passà

Zitelli

C’u focu à l’ochji

D’a maraviglia Oriente

Sò vechja

N’aghju intesu cantà

Sirene

Ed altre volte

Callipso di l’alloppiu

Sò vechja

N’aghju vistu vultà

Battelli

À li diserti porti

Carchi di tanta pana

 

Ma zitella sò sempre

Nausicaa ch’aspetta

A vela d’un Ulisse

Eternu

 

 

Nausicaa

 

Je suis vieille

Et j’en ai vu passer

Des jeunes gens

Avec aux yeux le feu

De la merveille orient

 

Je suis vieille

J’en ai entendu chanter

Des sirènes

Et d’autres fois

Calypso magicienne

 

Je suis vieille

J’en ai vu retourner

Des bateaux

Jusqu’aux ports désertés

Chargés de tant de peine

 

Mais je demeure enfant

Nausicaa qui guette

La voile d’un Ulysse

Eternel

 

 


 

 

Pêcheurs de destin

 

Nous en avons mille

Et mille millions

De millions de mille

Des pêcheurs

Pour pêcher les méditations

Qui s’enchevêtrent au temps

 

Nous en avons mille

Et mille millions

De millions de mille

Des bergers

Pour garder leurs troupeaux

De songes vagabonds

 

Nous en avons mille

Et mille millions

De millions de mille

Des ermites

A l’orée des déserts

Du coeur en marmelade

 

Nous en avons mille

Et mille millions

De millions de mille

Des femmes hardies

Qui bercent les frayeurs

De l’âme cafardeuse

 

Mais de destin

Pélerin

Nous n’en avons qu’un

A faire

 

 


 

 

Et quel Sud ?

 

Nous avons été en haut

Haut placés

Au sommet

Tout près des dieux

Splendeur de l’Orient

Fine fleur de l’esprit

 

L’art de l’écriture

Est né sur nos rivages

Fondement du savoir

Qui éclaira le monde

 

Nous avons été en bas

Dans le noir

Tout au fond

D’un monde sans nous

La honte d’habitants

Policés et polis

 

Liés aux fers

De notre peau foncée

Noire comme la poix

Laide comme le péché

 

On nous étoile au front

Le Sud

Inique

Sur ce bassin qui est le nôtre

Nous ne sommes pas le midi

Des autres pays

 

 


 

 

Ponte Novu

 

S’è tù passi pè isse sponde

Pianta puru in Ponte Novu

Ci sò trè caffè : u José Bar,

U de Gaulle Bar...

L’altru si chjama Pascal Paoli Bar

Saluta mi u patrone : l’aghju

cunnisciutu bè in i tempi....

 

À u ponte fà pianu

chì a girata hè gattiva...

 

 

 

Ponte Novu

 

Si tu longes un jour ces berges

Arrête-toi à Pontenovu.

Il y a trois cafés. Le JOSE BAR

Le DE GAULLE BAR...

 

L'autre s'appelle PASCAL PAOLI BAR.

Salue le patron de ma part :

je l'ai bien connu

dans le temps...

 

En arrivant au pont

Sois prudent

C'est un mauvais tournant

 

 


 

Faaborg

 

Faaborg s’est arrêtée

Sur la grève solidifiée

Seul un bateau à voile

Raye le silence danois

Deux cygnes se tiennent à l’abri

Au fond du fjord

Et c‘est la pluie...

La lune s’est gelée

Et l’étendue est grise

Comme feuilles sèches du temps

 

 

 

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