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A
Corsica Medeviale
Diverses
actions du CCU témoignent de l’intérêt porté à la
période du premier 19e siècle où la Corse
se trouva hésitant, selon l’expression judicieuse de
Fernand Ettori, " entre France et Italie ".
Nos
publications : Salvatore Viale et la
Toscane littéraire, Les Itinéraires de
Salvatore Viale, La Dionomachia, Baruffe
in Mariana, Une Guerre pour rien en témoignent.
La période inspire régulièrement des études qui
viennent compléter nos connaissances.
Le travail réalisé
par Chantal Colonna dans le cadre d’un DEA nous
montre comment les écrivains de cette époque façonnent,
à propos de la Corse et de son peuple, une image qui
est un enjeu littéraire, mais aussi identitaire et
patriotique.
Chantal
Colonna invite les abonnés d'InterRomania et les
internautes à lui adresser leurs impressions,
critiques, commentaires, questions et jugements divers.
Visites
d'écrivains
Alberto
POZZOLINI
RENCONTRE
AVEC LA LITTERATURE
DE TOSCANE

La
première des Rencontres littéraires mensuelles préparées par
le CCU pour 2001 s’est déroulée les 18 et 19 janvier. A
Bastia, puis à l’Université de Corse où Alberto Pozzolini a
été accueilli par l’équipe d’organisation de ces
rencontres.
Le
jeudi 18 janvier, plusieurs membres du Jury du Prix du Livre
corse, présidé par Marie-Jean Vinciguerra et du Centre Culturel
Universitaire dirigé par Jacques Thiers se sont rencontrés à l’occasion
d’une cena literaria à l’auberge « La Litorne », à
Casevechje, sur les hauteurs de Bastia.
Les
organisateurs avaient axé la soirée sur la discussion autour de
Camionabile 451, une pièce de théâtre dont le titre est un
clin d’œil à l’œuvre de Truffaut. Camionabile 451
pose la question du rapport de la vie à la littérature sans
dogmatisme ni érudition pesante, avec fantaisie, humour et
souvent gravité.
Sur
une autoroute balayée par un vent continu roule un énorme camion
noir. Au volant, un homme d’âge mûr. Près de lui, un jeune
auto-stoppeur. Ils bavardent. Ils s’entre-baptisent : ils seront
Walter et Bruno et se découvriront l’un à l’autre à la
faveur d’une conversation à bâtons rompus. De loin en loin, le
camion s’arrête pour des haltes littéraires qui prennent
parfois l’allure de stations sur un chemin de croix. Walter
descend, passe à l’arrière, prend un paquet et découvre alors
l’identité des destinataires : les soeurs Brontë, Lewis
Carrol, Céline, Joyce, Karl Kraus, Marcel Proust, Wittgenstein,
Virginia Woolf. Esquisses, silhouettes, pastiches caustiques et
attendris. Puis on reprend la route et le dialogue : voici le
conducteur et son passager prêts à s’adopter mutuellement . C’est
alors que survient Maria, l’amour, ce qui rompt l’amitié, qui
s’interpose, fait naître le désir et la haine et permet à la
vie de se continuer... Ah si on avait su, aurait-on lu tous ces
livres ?...
Avec
une grande élégance de pensée, sans dogmatisme aucun le
conférencier a évoqué un parcours riche d’expériences et de
réalisations littéraires et culturelles.
A
l’époque où Milan est déjà une grande capitale industrielle,
Pozzolini entame son parcours comme chargé de communication du Piccolo
Teatro où il devient l’ami de Paolo Grassi, de Giorgio
Strehler et des grands de la scène européenne. Il entre ensuite
comme attaché de presse dans la firme Pirelli et aux éditions
Rizzoli comme rédacteur. Rentré à San Miniato dans les années
1970, il est depuis cette date journaliste, enseignant, animateur
d’ateliers d’écriture poétiques, chroniqueur littéraire et
sportif. Il dirige également la revue trimestrielle Il Grande
vetro.
Au
cours de la soirée est d’ailleurs né le projet d’un encart
dans cette revue où la Corse pourrait faire connaître son
actualité littéraire et culturelle. Le journal est distribué
dans toute la Toscane et jusqu’à Bologne, Milan et Bolzano. Il
permettra de faire entendre la voix culturelle de notre île, au
moment où se renforcent des relations soutenues, dans le cadre
européen, par l’action des collectivités des régions Corse et
Toscane.
Le
CCU et le Prix du Livre corse ont accueilli très favorablement
cette proposition. Outre la diffusion des informations et des
œuvres, l’existence d’un tel support aurait un heureux effet
sur la créativité insulaire en proposant un élargissement du
public et des perspectives de lectorat.
Vendredi
19, des élèves du lycée Pascal Paoli, des étudiants SRC de
l'IUT de Corti, des enseignants, étaient invités à rencontrer
Alberto Pozzolini dans un amphi de la faculté de Droit. Alberto
Pozzolini, ancien attaché de Presse du célebrissime Piccolo
Teatro di Milano, y a présenté, avec humour, élégance et
conviction, une de ses pièces au titre étrange et chargé de
références cinématographiques Camionabile 451. Familier,
jusqu'à l'érudition, des grandes œuvres romanesques de notre
temps, Alberto Pozzolini joue avec virtuosité des références
littéraires pour construire un scénario
onirique où la
littérature se trouve embarquée dans un étonnant voyage entre
rire et drame, ironie et émotion, réalisme et symbole. La
présentation fut illustrée par la lecture, juste et talentueuse,
de quelques extraits de l'œuvre, parmi lesquels une sorte de
pastiche éblouissant de Céline, qui souleva les rires et les
applaudissements, le récitant, Benjamin Garcia-Casinelli,
étudiant en 1 ère année de DEUG Arts du spectacle ayant
restitué toute la force d'un texte que la traduction française
de Jean Chiorboli avait su préserver. Le public était conquis,
et définitivement noué le contact avec l'auteur.
Celui-ci,
aimable, courtois, réussit la singulière performance de parler
de sa pièce sans en entamer le sens, sans proposer nulle grille
d'interprétation, laissant à chacun le soin d'en redessiner la
signification. A dire vrai, cet intellectuel brillant, par
ailleurs reporter pour une chaîne de télévision de matchs de
football, a l'art de l'esquive, du contre-pied… et du spectacle.
Il conduit la balle comme il l'entend, et place le ballon où il a
décidé de le faire. Et le public suit, et le public marche,
parce que tous les publics aiment les virtuoses. Ce fut, on l'aura
deviné, un moment de haut charme, de pur plaisir.
Rappelons-le,
le CCU est à l'origine de cette initiative soutenue par la CTC,
la DRAC, le Rectorat et « La Maison des Ecrivains ». Cette
manifestation ouvre un cycle régulier de rencontres avec des
écrivains du Sud de l'Europe et propose à Corti de devenir lieu
de rencontre des écritures littéraires et d’échanges
interrégionaux en Méditerranée. C'est donc avec une certaine
impatience que nous attendons la rencontre du 15 février
prochain, dont l'invitée sera Neria de Giovanni (Alghero),
présidente de l’Association Internationale des Critiques
Littéraires (AICL). Le rendez-vous mensuel se poursuivra avec en
mars le poète croate Draûen
Katunari puis le
dramaturge et romancier sarde Antoni Arca ; Casimiro de Brito,
poète et président du Pen Club portugais et José Maria Alvarez,
de la Province espagnole de Murcia, organisateur du festival
international de poésie d’Alicante. D'ores et déjà, bienvenue
à tous, et encore merci mille fois à Alberto Pozzolini, dont
tous les internautes pourront découvrir
la pièce sur InterRomania où
est également disponible la version catalane réalisée par Jaume
Corbera et publiée aux éditions de l’Université des Iles
Baléares (UIB), l’un des partenaires réguliers du CCU.
«
Studii »
Dans cette nouvelle rubrique Interromania vous offre des
monographies, des articles, des commentaires, des approches
scientifiques et/ou universitaires destinés à approfondir la
connaissance de nos cultures et de nos productions littéraires.
«
Ecritures croisées/scriviture intricciate »
Dans cette nouvelle rubrique, FX
Renucci nous invite à écrire un paragraphe, une page, un
chapitre d’un grand roman méditerranéen. Baroque, multiple,
chantant toutes les langues, toutes les cultures, tous les lieux.
Une oeuvre où doit souffler le
vent de la diversité et du pluralisme accepté, recherché, fêté.
Une oeuvre qui suivra dans
quelques mois le voyage du bateau de l’IITM « Odyssée 2001 »
Mercredi
14 février 2001 à 18 heures 30
Au
Centre Culturel « Una Volta » à Bastia
Jeudi 15
février 2001 à 14 heures
à
l’Université de Corse (Campus Caraman)
Rencontre
avec
la
vie littéraire
de
Sardaigne
avec
Neria DE GIOVANNI
La
causerie sera illustrée par la lecture d’extraits et
commentaires de Il Pranzo dell’ospite, le
dernier ouvrage de la conférencière
consacré
à la présence littéraire de la culture sarde
dans
l’œuvre narrative de Grazia Deledda
Neria
De Giovanni dirige à Alghero les éditions NEMAPRESS qui
publient, entre autres productions régulières, le magazine
culturel Salpare consacré à l’actualité littéraire de
la Méditerranée. Parmi les dernières productions présentées
on notera :
Sergio
Bolgeri I sogni della luna, Nemapress, Alghero, 2000
Domenico
Marras, Verghe di rovo, Nemapress, Alghero, 2000
Professeur
de littérature à l’Université de Sassari, N. De Giovanni est
également présidente de l’Association Internationale des
critiques Littéraires (AILC) et, à ce titre, organise et
anime plusieurs forums destinés à la diffusion de la lecture.
Membre
du PEN Club italien, elle dirige plusieurs jurys littéraires
internationaux et assure la liaison et la communication entre de
nombreux espaces culturels et de nombreuses expressions. Elle est
aussi journaliste, et préside à Pise la « sezione
internazionale » du Gruppo Internazionale di Lettura et de la
Libera Unione Scrittori Europei (LUSE).
Partenaires
: CTC, DRAC, le Rectorat de la Corse, « La Maison des Ecrivains
»,
Prix du
Livre Corse, Lycée Pasquale Paoli, Centre Culturel « Una Volta
»
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L’Arca di vento
Franco
COCCO
Subtil
comme une prière et dévorant comme le feu, ce livre
nous jette au cœur d’une poésie en fusion, pendant
que nous emporte un tourbillon d’idées et d’émotions
qui souffle dans nos âmes. Originaire du Logudoru, la
patrie des poètes d’Ozieri, Franco Cocco a
obtenu avec ce recueil le Premio Dessì en 1999.
Ce
poète de Sardaigne, régulièrement remarqué pour ses
compositions et ses recherches (il est en particulier l’auteur
de plusieurs livres sur Pasolini) est un fervent de la
poésie méditerranéenne et des échanges entre
cultures. Il collabore très régulièrement au
programme d’activités du CCU.
Carole
Ginestra, étudiante en langue et civilisation
italiennes à l’Université de Corse s’est
passionnée pour les fulgurations de cette œuvre inspirée.
Elle nous offre « L’Arche de vent », une traduction
du recueil de Cocco, avec notes et commentaires.
A
Corsica Medeviale
Diverses
actions du CCU témoignent de l’intérêt porté à la
période du premier 19e siècle où la Corse se trouva
hésitant, selon l’expression jufdicieuse de Fernand
Ettori, « entre France et Italie ».
Nos
publications : Salvatore Viale et la Toscane
littéraire, Les Itinéraires de Salvatore Viale, La
Dionomachia, Baruffe in Mariana, Une Guerre pour rien en
témoignent. La période inspire régulièrement des
études qui viennent compléter nos connaissances. Le
travail réalisé par Chantal Colonna dans le cadre d’un
DEA nous montre comment les écrivains de cette époque
façonne, à propos de la Corse et de son peuple, une
image qui est un enjeu littéraire, mais aussi
identitaire et patriotique.
La
IIIème Biennale des Iles
Biennale
di l’isule
1999-2001
L’avis
de Alain DI MEGLIO, président du JURY CORSE
qui
souligne l’émérgence d’écritures jeunes et féminines
Cuncorsu
di prosa 2000 : una fragnata à u feminili
Si
hè adunita a ghjuria di a Biennali di prosa literaria 2000 di u CCU. à
participacci quist’annu sò stati una quindicina di testi.
Com’è
sempri a scelta hè sempri u mumentu à tempu dulenti da fà sbuccà cinqui
participianti è piacevuli chì parmetti di staccà u pocu è tantu di criterii
da dà un sensu à a primiata.
Và
sicondu l’anni u gennaru di testi ricivutu. Essendu u cuncursu di prosa à
tema libaru, u solu criteriu di principiu chì possa valè hè u piacè ch’iddu
pidda u littori. Ma quandu s’intoppani al di là di cinqui nantu à issu
stessu criteriu, tocca à fà una scelta chì arreca parametri di più.
S’infatta
chì quist’annu si sò à l’ingrossu spartutu dui gruppi : unu chì a so
scrittura era cunfirmata ma chì praticava temi è spazii literarii dighjà
belli rumati da i generazioni di nanzi è l’altru chì, puri cù uni pochi di
sgarbatezzi di lingua è di custruzzioni, musciava una literatura più nova, cù
un abbriu di scuparta è di creatività à liveddu di a finzioni è di l’architettura
di u racontu.
Da
più à menu, hè a squadra di Bonanova chì faci da ghjuria. Hè cusì chì,
sicondu a cerca literaria è l’indiatura di a rivista, i primiati di quist’annu
sò stati scelti di più nantu à u criteriu di una literatura in duvintà. Si
hè incalcatu tandu versu i virtù putinziali più chè nantu à scritturi
insulcati è sicuri ma chì ùn ghjunghjini quantunqua micca à pidda qualchì
risicu in quantu à vii novi di creatività.
Dunqua,
fora di Anghjulu Canarelli, primu premiu chì hè d’un pezzu ch’iddu
introscia a pinna in i fiumi di l’Alta Rocca, sò quattru altri scrivani ch’è
no’ scuprimu inde l’aghja di a literatura corsa. Si trova ch’iddi sò
quattru donni è ci hè da rallegrassini.
Sò
:
Maria
Anghjula Mazzoni, ghjovana certificata di corsu,
Mattea
Casanova, stututrici,
Carina
Venturini, studianti in terzu ciculu.
Maria
Natali Vivarelli, prufissori di i scoli
Ch’idda
doghi issa fragnata 2000 monda inchjostru da arricacci torna robba di qualità.
Etats/
Identités:
"de
la culture du conflit à la culture du projet" par
Dumenica Verdoni
(Conférence de Barcelone du 13
novembre 2000).
La
IIIème Biennale des Iles
Biennale
di l’isule
1999-2001
Vous
trouverez ici les écrits des participants à la Biennale 1999-2001.
Affani
è speranza de Mattea Casanova
(un texte de Corse)
...L’estate
ùn vole finì. In a cità di Marseglia, correnu soffii d’aria velenu ; e
zinzale si campanu sopr’à l’acque putriche ch’appozzanu nant’à i tetti
di i casali vicini.
À
l’ultimu pianu di l’ospitale, quellu chjamatu La Montagne, una stanza, dui
letti, duie donne chì temenu d’ùn vede più altre statine.
Una
dorme, techja di medicine, rossa infiarata, ogni tantu traparla. L’altra
veghja. Ùn vole micca lascià si piglià a suprana da u sonnu artifiziale.
Ribella
hè in a so mente, muntagnola, razza capruna, figliola di pastore.
Si
sente un sbattulime d’ale :
─
« Chì sò st’acelli chì pichjanu à u purtellu ? Acule marine, impaurite ?
Famite ? Quale hè chì sà ? Induve si ne và maghju ? Quale hè chì sà ? »...
Lu focu di l'anni nostri
de Lina Tidore Cherchi
(un texte de Sardaigne)
Un omu battiu, a innommu Mattia BOI, straccu di sta solu dachi l'era molta la muddheri chen'aé autu fiddholi, una dì si punisi in caminu a pedi cu la beltula a coddhu. Vulia turrà a li lochi und'era natu e da undì cioaneddhu cuntentu si n'era andatu cu la steddha chi era la muddheri...
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